La multiplication des attaques contre le bétail ravive les inquiétudes des habitants vivant à proximité du Parc national des Virunga, dans le territoire de Rutshuru. Depuis plusieurs jours, un animal sauvage non encore identifié est signalé dans la zone frontalière de Munyaga, dans le groupement Binza.
Selon les informations recueillies auprès des autorités locales, l’animal aurait déjà attaqué une trentaine de chèvres et de moutons à Munyaga. Il aurait ensuite fait son apparition dans la notabilité de Kasisi, où il s’en prendrait également au bétail.
Le chef de la notabilité de Kasisi, Musingusi, dit craindre désormais pour la sécurité des habitants, particulièrement celle des enfants qui se rendent dans les périphéries de l’entité à la recherche d’eau.
D’après cette autorité locale, l’animal aurait été pourchassé par les habitants de Munyaga avant de traverser la rivière Munyaga pour se retrouver du côté ougandais. Il aurait cependant été à nouveau chassé par les habitants de cette partie frontalière, avant de réapparaître dans la zone.
Face à cette situation, Musingusi plaide auprès de sa hiérarchie et des services compétents pour une intervention rapide, notamment afin d’identifier l’animal, prévenir de nouvelles attaques et garantir la sécurité des habitants ainsi que de leurs animaux domestiques.
Au-delà de l’alerte lancée par les autorités locales, les habitants de Munyaga, Kasisi et des environs sont invités à signaler toute nouvelle apparition de cet animal aux services compétents, notamment à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
La population devrait surtout éviter de poursuivre, encercler ou tenter d’abattre elle-même l’animal. Une telle réaction pourrait provoquer une attaque ou pousser l’animal vers des zones davantage fréquentées par les populations.
Cette prudence est particulièrement importante pour les enfants et les personnes qui se déplacent vers les zones périphériques à la recherche d’eau, de bois ou pour les activités agricoles et pastorales.
Pour MNGUILO THIERRY Horneyssie ,cooedonateur National de l’organisation Action without border-Rdc, cette situation de Munyaga et Kasisi intervient dans un contexte plus large de pression sur les espaces situés autour du Parc national des Virunga, une situation qui complique certains aspects de la protection du parc. Certains rapports du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO identifient notamment le pâturage du bétail, les occupations illégales, la déforestation, le braconnage et l’insécurité parmi les facteurs qui affectent la conservation du parc.
Des rapports antérieurs soulignent également les difficultés liées à la surveillance des longues limites du parc et à la présence de populations dans les zones adjacentes.
Cette proximité entre les espaces habités et les habitats naturels peut favoriser des situations de confrontation entre les communautés et la faune sauvage. L’UNESCO rapporte d’ailleurs des initiatives de coopération entre les communautés, les autorités de conservation et les pays voisins pour réduire certains conflits entre les populations et la faune.
Dans ce contexte à Rutshuru, les habitants vivant en périphérie du parc sont appelés à renforcer leur vigilance et à privilégier le signalement plutôt que la confrontation directe avec les animaux sauvages.
Notons qu’en attendant l’intervention des services compétents, les autorités locales recommandent donc une vigilance accrue, particulièrement autour des points d’eau et des zones isolées. L’identification rapide de l’animal et une intervention coordonnée avec les services de conservation pourraient permettre d’éviter que les attaques contre le bétail ne se transforment en menace directe pour les habitants.
Hélène kibukila patricia