Plusieurs candidats se sont fait rouler par la foule qu’ils voyaient pendant la campagne, des révélations tombent déjà sur cette arnaque de gens en prélude des élections du 20 Décembre dernier.
D’où vient cette pratique?
Des sources concordantes confirment la création spontanée de groupes, associations et mouvements des jeunes avant les élections. L’objectif ici était de se rapprocher des candidats pour les soudoyer de l’argent pendant la période des campagnes.
Murhula Jonas, un jeune habitant du quartier Katoy en ville de Goma a été leader d’un groupe comme celui-ci. Il nous a parlé de la genèse de son groupe. « L’idée est née 4 ou 5 mois avant campagne. Nous avons trouvé que les candidats étaient déjà mobilisés alors nous avons décidé aussi de les piéger. Avec mes amis Alain et Didier, nous nous sommes mis à sensibiliser les autres. Nous n’avions pas pour objectif de demeurer dans un groupe. L’objectif était seulement de créer un réseau qui allait disparaitre après les élections. Tantôt nous nous présentions comme un groupe qui sécurise le quartier, tantôt une association encadrant les jeunes démunies. » a témoigné Mr Murhula.
Celui-ci indique que l’idée n’est pas venue de nulle part. Selon lui, c’est un autre groupe créé un peu plus avant qui l’a même motivé. « Les autres avaient déjà pris l’initiative, il fallait qu’on suive le pas » a-t-il indiqué.

Qu’ont-ils gagné?
Après la création de leur groupe, ils ne devraient pas croiser les bras : « Ce qui nous restait à faire était de chercher maintenant les contacts. Il fallait présenter notre organisation auprès des candidats. Nombreux étaient intéressés et nous invitaient dans leurs activités. Nous avons été même enregistré lors de l’arrivée du president Tshisekedi, même quand Katumbi est arrivé à Goma » témoigne ce jeune.
« A l’issue de chaque manifestation, nous étions motivés par une enveloppe, nous étions partout pour nous retrouver, cela n’arrive qu’une seule fois les 5 ans » poursuit-il.

Pourquoi ont-ils fait cela?
Adeline, une fille d’environ la trentaine indique avoir fait partie d’une telle association. Pour elle, comme pour nombreux d’ailleurs, le manque d’occupation a fait qu’elle ne réfléchisse pas deux fois. « Si j’avais une occupation je ne me laisserais pas aller… J’ai décidé d’intégrer l’équipe parce qu’au moins je savais que par activité je ne manquerais pas 5000fc. » a-t-elle dit.
Celle-ci indique que leur cible prioritaire était surtout les anciens élus qui, selon elle, n’ont pas bien joué leur rôle. «Ils ont parlé de 21 000$ qu’ils ont le mois, c’était pour nous la seule occasion de bouffer une partie et ne pas voter pour eux! Qu’ont-ils fait d’important pour nous? Après 5 ans ils se ramènent encore.» ironise cette fille.
Est-il vrai que cela ait existé?
Il est vrai que certains candidats présidents ou députés faisaient des cartons pleins lors de leurs meetings de campagne. Certains de leurs membres confirment avoir fait recours à de groupes de gens non militants pour gonfler l’effectif et donner l’impression d’être populaire. « Nous avons contacté certaines organisations non membres pour nous accompagner » confirme un directeur de campagne d’un candidat qui note par ailleurs que le doute demeurait malgré cette volonté d’impressionner leurs adversaires.
Les membres de ces organisations qui n’ont rien de légal d’ailleurs confirment qu’ils répondaient présent aux appels des clients sans toutefois donner de consignes de vote. Selon eux, chacun avait le droit de voter pour qui il veut malgré le fait qu’ils aient montré à tous les candidats qu’ils étaient ensembles.
La grande question reste de savoir ce que deviendront ces structures comme les élections appartiennent au passé.
Stoïcien Sky LWEMBO