Curieusement, nous aspirons à une chose et à son contraire. Nous réclamons, à cor et à cri, l’instauration d’un véritable État de droit, mais dès qu’un proche est impliqué dans une affaire judiciaire, nous avons soudain du mal à en accepter les conséquences.
L’État de droit implique une responsabilité collective : celle de reconnaître la nécessité d’une justice impartiale et indépendante. Pourtant, à en juger par les réactions suscitées par certaines affaires portées devant la justice, on constate avec amertume que les dossiers sont souvent traités selon les apparences ou les appartenances politiques.
Willy Bakonga n’aurait jamais dû sortir de prison, même par erreur !
Les faits pour lesquels il avait été condamné étaient graves : blanchiment d’argent. Il a été arrêté alors qu’il tentait de fuir la République Démocratique du Congo, en possession d’importantes sommes d’argent liquide et en dollars. À l’époque, il était déjà soupçonné d’avoir détourné des fonds destinés à la gratuité de l’enseignement de base : Une réforme qu’il était censé porter à cœur étant ministre de l’EPST et congolais d’origine.
Sa condamnation par la Cour de cassation stipulait clairement qu’il ne pouvait bénéficier d’aucune mesure de grâce pendant les trois années de sa peine. Pourtant, Willy Bakonga est aujourd’hui libre. Que s’est-il donc passé ? Par quel tour de passe-passe a-t-il retrouvé sa liberté ? A ce jour, il sensibilise pour le troisième mandat du Chef de l’Etat et à la révision de la Constitution pensant qu’il sera à nouveau nommé ministre et s’enrichir malhonnêtement. Des cas comme çà sont légions,
Et que dire de Nicolas Kazadi ?
Malgré de lourdes accusations de détournement de millions de dollars, il continue de vaquer librement à ses occupations, comme si de rien n’était. Aucune action judiciaire concrète ne semble engagée à son encontre.
Le cas du Dr Eteni Longondo est tout aussi choquant.
Ancien ministre de la Santé, il a été épinglé pour le détournement massif de fonds destinés à la riposte contre la pandémie de COVID-19. Après quelques mois symboliques derrière les barreaux, le voilà libre, animant des matinées politiques comme si la justice l’avait totalement blanchi.
Et que dire d’Augustin KIBASA, avec sa fameuse taxe RAM ?
Cette taxe, qui a volé des millions aux citoyens y compris les plus pauvres n’a jamais été clairement expliquée. Kibasa, incapable de justifier les critères de perception ni l’affectation de ces fonds, est pourtant resté libre et continue même d’occuper des fonctions au sein du gouvernement de la République Démocratique du Congo. Inacceptable ! etplusieurs d’autres que j’éteins les noms.
Une justice à deux vitesses
La liste des cas similaires est longue, trop longue même. Ce qui indigne le plus, c’est le traitement expéditif réservé à certaines affaires, comme celle de Matata Ponyo. Sa condamnation semblait être une priorité absolue, la confiscation de ses biens, gèle des biens de la Fondation Mapon, une nécessité urgente. Il est présenté comme l’unique responsable de détournements colossaux, alors que pour d’autres, les accusations semblent reposer sur des « papiers » qu’on choisit de négliger et d’abandonner.
Constant Mutamba
L’ancien Ministre de la Justice et Garde sceau a été jugé et condamné pour détournement de plusieurs millions de dollars mais ceux ci sans preuves moins encore des arguments conséquents le peuple congolais. Une mobilisation populaire s’est créée par les congolais de partout au monde pour contester ce jugement qualifié de politique paulicienne. Toutefois, il a été coffré et son sort est scellé malgré la dégradation de sa santé, l’expression de désaccord du peuple et le manque des preuves prouvant sa culpabilité.
Une Justice malade disait Félix Tshisekedi
Cette justice à deux vitesses me consterne. Lorsqu’il s’agit de pourchasser les opposants politiques, la machine judiciaire devient rapide, inflexible, implacable. Mais dès qu’il s’agit des proches du pouvoir, elle devient lente, hésitante, comme anesthésiée.
Ce n’est pas cette justice que je veux pour mon pays, la RDC. J’aspire à un Congo Nouveau où chaque citoyen, sans distinction d’opinion ni d’appartenance politique, est jugé de manière équitable. Une justice qui ne serait ni un instrument de persécution, ni un bouclier protecteur pour les puissants ou intouchables.
Norbert Mwindulwa