La Fondation Biesther (FoBE Asbl) a officiellement lancé ce Mercredi 20 Mai 2026 à Goma un projet pilote de réinsertion socio-économique destiné à 50 femmes et filles vulnérables issues de Goma, Sake et Nyiragongo. Soutenue par le bureau Conduct and Discipline Team (CDT) et PMU de la MONUSCO, cette initiative a pour objectif de répondre concrètement aux défis sociaux, psychologiques et économiques auxquels font face plusieurs victimes d’exploitation et d’abus sexuels dans la province du Nord-Kivu.
Loin d’être un simple programme d’assistance, ce projet vise de restaurer la dignité des bénéficiaires à travers l’autonomisation économique, l’accompagnement psychosocial et la création d’activités génératrices de revenus. Il prévoit également un système de suivi continu, de mentorat et d’encadrement communautaire afin de garantir une réinsertion durable des participantes dans leurs milieux de vie.

Prenant la parole lors de cette cérémonie qui a réuni plusieurs partenaires techniques et humanitaires, Deborah Barugahara, représentante du Bureau Conduite et Discipline de la MONUSCO, a rappelé l’engagement de son institution dans l’accompagnement des victimes.
« Nous avons 3 volets dans notre objectif en tant que bureau conduite et discipline. Nous faisons la prévention, nous faisons la gestion des cas mais aussi nous faisons l’assistance aux victimes… C’est dans ce cadre que nous appuyons ce projet d’assistance aux victimes parce que ce sont des victimes issues de l’exploitation et abus sexuel commis par le personnel de la Monusco. Nous voudrions faire un projet pour la réinsertion socio-économique et alléger un peu la situation socio-économique de nos bénéficiaires. »
Elle a également salué le professionnalisme de la Fondation Biesther Asbl dans la mise en œuvre de cette initiative pilote appelée à inspirer d’autres provinces du pays.
« La FoBE Asbl est un partenaire qui a été sélectionné par la Monusco, qui a rempli tous les critères pour être partenaire de mise en œuvre des projets. Nous avons le rôle de les accompagner. Ça c’est un projet pilote, nous voudrions que ça soit une réussite pour que le même projet se répercute sur d’autres provinces. »

Pour la Directrice Générale de la Fondation Biesther Asbl, Zaina Chaupanga Mignonne, ce projet représente pour eux une étape indispensable dans la lutte contre la vulnérabilité féminine et la dépendance économique dans les zones affectées par les crises sécuritaires et sociales.
« Nous avons préféré cibler 50 femmes et filles qui vont bénéficier directement de ce projet de réinsertion socio-économique. Ces femmes sont issues de Goma, sake et Nyiragongo. L’impact attendu est l’autonomisation de ces femmes et filles. Quand elles seront autonomes, elles seront alors capables de subvenir aux besoins primaires et réduire leur vulnérabilité dans la communauté.»
Au cours de son intervention, la Directrice Générale de FoBE Asbl a également adressé un message fort aux femmes victimes de marginalisation, de stigmatisation et d’abus, réaffirmant l’engagement de son organisation à leurs côtés.

« A toutes ces femmes qui traversent des moments difficiles, à toutes celles qui ont subi la marginalisation, la stigmatisation, les exploitations et abus sexuels; retenez que La Fondation BiEsther est là pour vous et assurera votre prise en charge notamment psychologique. Retenez aussi que ce n’est pas le dernier projet. Nous serons là pour vous accompagner et ensemble nous transcenderons cette épreuve. Restez debout, rien ne reste éternel. »
Dans un plaidoyer poignant en faveur de la paix et de la protection des femmes, elle a lancé un appel à la communauté internationale :
« J’en profite pour lancer un message à la communauté internationale : la femme a besoin de la paix pour vivre pleinement sa vie, pour stabiliser son foyer et toute la communauté. Donner la paix à la femme c’est donner la paix à toute la communauté! »
Les échanges ayant suivi les différentes interventions ont permis aux partenaires présents de s’informer davantage sur les mécanismes de suivi du projet, les critères de sélection des bénéficiaires ainsi que l’impact attendu tant pour les bénéficiaires directes qu’indirectes. Les responsables du projet ont rassuré l’assistance sur les dispositifs mis en place, notamment l’accompagnement psychosocial, le mentorat, l’encadrement technique et le suivi de proximité pour assurer la pérennité des activités qui seront développées par les bénéficiaires.

Cette cérémonie de lancement, organisée en format hybride avec des participants en ligne et en présentiel, a connu la participation de plusieurs acteurs engagés dans la protection des victimes et l’autonomisation des femmes, parmi lesquels le Bureau Conduite et Discipline de la MONUSCO (CDT), le Bureau PMU MONUSCO, Child Protection MONUSCO, Men engage, UOFH [Ndrl : Union des Organisations Féminines Humanitaires], le Bureau des Affaires Civiles de la MONUSCO, le point focal CBCN (Community Base Complaint Network), la Section Genre de la MONUSCO ainsi que la Section SVR (Droits des victimes) de la MONUSCO, Heal Africa et ALIMA.

Cette initiative qui est dans sa phase initiale pour la Fondation Biesther Asbl confirme l’engagement de cette organisation humanitaire en faveur de la résilience communautaire et du relèvement socio-économique des femmes vulnérables. Ce projet est ainsi un modèle d’espoir et de reconstruction sociale dans cette région qui reste encore profondément marquée par les conséquences des conflits et des violences basées sur le genre en plus des exploitations et abus sexuels dont sont victimes les membres de la communauté.
Stoïcien Sky Lwembo