Depuis trois décennies, l’Est de la République Démocratique du Congo est le théâtre d’une instabilité sécuritaire chronique. Dans ce contexte de crise prolongée, les femmes paient le tribut le plus lourd, subissant de plein fouet les violences et la précarité. Pourtant, face à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages et à l’effondrement de l’économie locale, une nouvelle forme de résilience émerge : l’autonomisation par des métiers dits « non-traditionnels ».

Dans son atelier de soudure et d’ajustage situé en commune de karisimbi à Goma, Sarah ABEDI, Ingénieure en génie mécanique et coordinatrice de l’association Action des Femmes Ingénieures, mène une révolution dans le monde professionnel en faveur de la femme et de la jeune fille. Là où l’aide humanitaire se concentre souvent sur des métiers classiques comme la coupe-couture ou l’esthétique, Sarah ABEDI propose une rupture stratégique afin de rendre la femme compétitive.

« La femme possède un potentiel immense. Elle doit sortir de l’ordinaire et s’approprier des métiers plus lucratifs. La soudure n’est pas qu’une affaire d’hommes, c’est un levier de développement économique majeur », affirme-t-elle avec conviction.

Actuellement, six femmes travaillent déjà à ses côtés, transformant le métal en opportunités financières. Pour l’ingénieure, l’indépendance financière est le rempart le plus solide contre les violences basées sur le genre (VBG). Une femme active, qualifiée et génératrice de revenus est une femme capable de soutenir son foyer et de s’affirmer au sein de la communauté.

L’initiative de Sarah ABEDI ne se limite pas à la gestion d’un atelier. Son ambition est plus vaste : réduire drastiquement le taux de chômage des jeunes filles et des femmes en RDC par une formation technique de pointe. Elle prévoit de lancer prochainement de vastes campagnes de sensibilisation pour encourager les femmes à intégrer les filières techniques.

 

 

Cependant, pour passer à l’échelle supérieure, un soutien institutionnel est indispensable. Sarah ABEDI lance un appel aux organisations internationales et locales afin de lui venir en aide pour concrétiser ses objectifs.

Cette femme ingénieure ces organisations à :

-Investir dans des kits d’outillage pour les femmes en formation dans son association pour beaucoup plus de pratiques.

-Soutenir la création de centres d’apprentissage spécialisés en mécanique et soudure au Nord-kivu et partout en Rdc ou elle souhaite étendre sa vision.

-Accompagner financièrement l’Action des femmes ingenieures, qui est une organisation encore jeune née dans une zone à post conflit.

-Intégrer les métiers techniques dans les programmes de relèvement économique post-conflit.

– Après la formation, que les organisations internationales et nationales utilisent la main-d’œuvre féminine locale afin de l’encadrement et l’encouragement d’autres femmes et filles qui viendront après.

Dans un contexte où les maris peinent souvent à subvenir seuls aux besoins de la famille à cause de l’insécurité qui affecte le système économique et financier comme à l’est de la Rdc, l’apport de la femme devient vital. Pour Madame Sarah, l’approche de l’association Action des Femmes Ingénieures est de transformer la vulnérabilité en expertise technique.

Notons qu’en soutenant des leaders comme Sarah ABEDI, les organisations humanitaires ne font pas que donner une aide ponctuelle ; elles investissent dans la structure même d’une société congolaise plus stable, où la femme est une actrice économique de premier plan, respectée et autonome, estiment plusieurs observateurs.

 

 

Rédaction