Dans la ville vibrante de Goma, reconnue comme un carrefour culturel à l’échelle de la République démocratique du Congo, Ishara Kasay, étudiante à l’Université de Goma, s’est plongée dans une réflexion profonde sur un enjeu majeur : la gestion de la diversité culturelle dans les institutions supérieures. Sa démarche va au-delà de l’approche classique des tensions liées aux différences ; elle y voit au contraire une opportunité unique de bâtir des ponts et de réinventer le vivre-ensemble dans un milieu académique riche mais complexe.
À travers un mémoire de master exigeant, appuyé sur une étude de terrain menée à l’Université de Goma et à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC), Ishara a observé de près la réalité quotidienne des étudiants et du personnel. Elle a recueilli avis, expériences et ressentis, dévoilant ainsi un paysage où coexistent des langues multiples, des traditions variées, et des perceptions parfois opposées, qui se traduisent souvent par des malentendus et des incompréhensions. Ces difficultés, selon elle, ne sont pas intrinsèques aux différences culturelles mais résultent surtout d’un manque de dispositifs adaptés pour favoriser la communication interculturelle.
Son analyse met en lumière plusieurs défis majeurs : l’absence de formation spécifique pour gérer les relations entre cultures différentes, des messages institutionnels uniformes et peu inclusifs, et un déficit de lieux de dialogue permettant aux étudiants de partager leurs identités et de mieux se comprendre. Dans ce contexte, la diversité est vécue comme une source de complexité et parfois même de frustration, ce qui fragilise la cohésion sociale indispensable au bon fonctionnement des établissements.
Mais Ishara Kasay ne se contente pas de dresser un constat nuancé. Elle fait ici appel à une vision proactive, à travers des recommandations précises et fondées. Elle préconise d’abord la mise en place de formations régulières sur la communication interculturelle destinées à l’ensemble des acteurs universitaires. Ces formations permettraient de développer des compétences clés telles que l’écoute active, la gestion des conflits culturels et l’empathie. Ensuite, elle encourage la création d’espaces dédiés au dialogue interculturel, forums, clubs, ateliers où chaque étudiant pourrait s’exprimer librement, échanger ses expériences, et apprendre à valoriser la richesse des différentes identités présentes.
Enfin, elle insiste sur l’importance d’adapter la communication institutionnelle, en veillant à ce que les messages officiels reflètent les sensibilités locales et les particularités culturelles. Cette approche personnalisée, selon elle, contribuerait à renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté universitaire, dépassant ainsi la simple coexistence pour atteindre la coopération et la solidarité.
Pour Ishara, la diversité ne doit surtout pas être perçue comme un obstacle à surmonter ou une différence à uniformiser. Au contraire, elle est une source d’innovation, d’ouverture d’esprit et de dynamisme. En valorisant les cultures qui composent la mosaïque étudiante de Goma, les universités peuvent se doter d’un véritable levier pour améliorer non seulement la cohésion sociale mais aussi la performance académique collective.
Ce travail, malgré quelques limites méthodologiques reconnues par l’auteure, ouvre une perspective inspirante. Il invite les décideurs académiques à repenser leurs stratégies, en incluant résolument l’interculturalité dans leurs politiques de gestion. À terme, cela pourrait transformer les universités de Goma en lieux exemplaires où respect, dialogue et inclusion ne sont pas de simples mots, mais des réalités concrètes au service d’une éducation plus humaine et plus efficace.
L’étude d’Ishara Kasay est donc bien plus qu’une recherche académique : c’est un plaidoyer vibrant en faveur d’un futur où la diversité culturelle devient la base solide d’un apprentissage partagé et d’une société plurielle plus harmonieuse.
La Rédaction
