À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le Club RFI avec Waza and Act en partenariat avec plusieurs organisations humanitaires dont AJIAC asbl, UCD, FOCUS DROIT ET ACCES, MWANAMUKE SHUJAA, CCN, PEACE AND CHANGE, AGAPAO, RACOJ, UFP, UNIGOM, UHTGL, ULPGL  ont lancé une large campagne de sensibilisation au sein du milieu universitaire et scolaire à Goma. Placée sous le thème « Engagement pour la lutte contre les VBG et les abus et exploitations sexuelles en milieu universitaire», cette initiative a traversé plusieurs campus et mobilisé un public jeune particulièrement réceptif.

Pour cette édition, l’action s’est concentrée sur trois grandes universités de la ville : l’UNIGOM [Ndrl: Université de Goma], l’ULPGL [Ndrl: Université Libre des Pays de Grands-Lacs] et l’UHTGL [Ndrl: Université de Haute-Technologie de Grands-Lacs]. Plus de quatre-vingt-dix étudiants ont été formés afin de devenir des ambassadeurs de la lutte contre les violences basées sur le genre et les exploitations sexuelles. Guidés par des experts issus du Réseau Interagence VBG [Ndrl: Violences Basées sur le Genre] et PSEA [Ndrl: Prévention de l’Exploitation et Abus Sexuels], ces jeunes ont bénéficié de sessions enrichissantes centrées sur la prévention, la prise en charge, la dénonciation et la compréhension des différentes formes de violences, y compris celles qui se développent dans l’espace numérique.

Les cours et les activités académiques ont laissé place, pendant plusieurs jours, à des conférences-débats particulièrement suivies. Elles ont permis aux participants d’interroger de manière directe les intervenants et d’aborder des sujets encore trop souvent passés sous silence, comme les pressions psychologiques que subissent certaines étudiantes, les rapports de pouvoir au sein des établissements supérieurs ou encore les formes insidieuses d’exploitation sexuelle dans les milieux éducatifs. Ces échanges ont contribué à instaurer un dialogue intergénérationnel devenu essentiel pour comprendre l’ampleur des défis à relever.

En pleine sensibilisation au marché Alanine

Une fois formés, les jeunes ambassadeurs ont poursuivi leur engagement hors des campus. Ils se sont rendus dans les marchés Alanine et Virunga, où ils ont relayé les messages de prévention auprès des commerçants, vendeurs et habitants de passage. Leur présence a permis de toucher un public plus large et de diffuser des informations souvent méconnues sur les recours disponibles pour les victimes.

Le Club RFi Goma avec les élèves du Complexe Scolaire Soleil Levant

L’action s’est ensuite orientée vers certaines écoles de Nyiragongo à villages Kiziba et Buhumba dont le Complexe Scolaire Soleil Levant   et l’Ecole Primaire Kalangala. Les élèves, principalement des adolescents, ont été sensibilisés à la santé sexuelle et reproductive, aux risques liés aux violences numériques et aux mécanismes d’exploitation sexuelle dans les milieux scolaires et communautaires. Les intervenants ont insisté sur l’importance de reconnaître les signes avant-coureurs d’abus et de briser le silence, un message fort dans un contexte où les jeunes restent souvent vulnérables.

Au marché Alanine à l’issue de la sensibilisation

Déployée du 25 novembre au 10 décembre, cette campagne s’inscrit dans le mouvement mondial des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle est un nouveau pas dans la lutte contre les violences basées sur le genre en RDC, pays où les acteurs éducatifs et humanitaires redoublent d’efforts pour créer des environnements plus sûrs et égalitaires.

Pour le Club RFI et ses partenaires, cette mobilisation ne s’arrête pas avec la clôture des activités. Les organisations entendent accompagner durablement les jeunes ambassadeurs afin qu’ils poursuivent leur mission au sein de leurs établissements et dans leurs communautés. Tous espèrent que cette dynamique nouvelle encouragera une prise de conscience collective et contribuera à ancrer, dans les milieux universitaires comme dans l’espace public, une culture de respect, d’équité et de protection des droits humains.

Stoïcien Sky Lwembo