75 jeunes peacemakers viennent de clôturer 5 jours de formation sur plusieurs thématiques qui se rapportent à la construction de la paix. Cette session qui allait du Vendredi 19 au Jeudi 25 Septembre 2025 s’inscrit dans le cadre du projet «Youth leading the way for peace in North Kivu» du Club RFi Goma. Durant ces 5 jours, les membres de 6 Clubs de paix repartis en ville de Goma et Territoire de Nyiragongo ont développé plusieurs points indispensables à la participation au processus de paix.
Des sujets allant de la vulgarisation de la résolution 2250 des Nations-Unies aux rôles et responsabilités des clubs de paix en passant par le leadership citoyen et volontariat pour la paix, la non violence active, la justice transitionnelle, la lutte contre la désinformation et les discours de haine ont été évoquées.

C’était aussi l’occasion de partager les expériences entre différents clubs de paix.
A l’issue de cette formation, toutes les interventions ont attiré l’attention des participants. C’est le cas de Muteba Ntanku du Club de Paix Amani Turunga qui nous parle de sa part.

«J’ai retenu que la justice transitionnelle repose sur des piliers qui sont la recherche de la vérité, les poursuites judiciaires, la reforme des institutions afin de garantir la non répétition des crimes mais aussi la réparation. J’ai compris que la justice transitionnelle est un ensemble des processus mis en œuvre par une société ayant connu de graves violations des droits humains pour les régler. Pour la non violence active, j’ai compris qu’il s’agit de réclamer ses droits fondamentaux sans sombrer dans la violence. Nous avons parlé de la Résolution 2250 des Nations-Unies et là j’ai appris qu’elle porte sur la jeunesse, la paix et la sécurité. celle-ci repose sur 5 piliers qui sont la participation, la protection, la prévention, le partenariat et le désengagement et la réintégration. L’autre thématique a attiré mon attention; c’est celui portant sur la prévention de fausses informations. Je sais déjà que les fausses informations jouent sur nos émotions. Je dois toujours réfléchir quand je suis en face de n’importe quelle information. Si je me laisse manipuler par les émotions, je risque de tomber dans la désinformation. Et au finish, j’ai retenu des techniques de vérification des informations. » : a dit Muteba.
Pour rassure de la mise en application des questions évoquées pendant ces 5 jours, certains participants nous ont fait part de leurs stratégies de mise en pratique des notions retenues. C’est le cas de Josué Sivyolo du Club de paix Tuungane de Ngangi 1.
«Je sais intérieurement, dans mon cœur et dans ma conscience que j’ai changé certaines mauvaises habitudes que j’avais avant. Pour la communauté, je ferai de mon mieux qu’elle bénéficie de la matière apprise. Je compte impliquer d’autres personnes au-delà de mon club de paix pour parler et débattre afin qu’ils quittent l’ignorance et contribuer à la paix. »
C’est le même avis que partage Muhindo Moïse du même club de paix. Pour lui, les notions apprises ne seront pas gardées au frigo, il compte commencer dans sa famille, les étendre à sa notabilité. Celui-ci promet de sensibiliser tous ses proches afin qu’ils soient comme lui.

«Personnellement ces notions m’aideront dans la société, je les partagerai avec tout le monde et dans n’importe quelle circonstance. Que ce soit avec des chefs d’avenues, des élèves, des membres de ma famille ou mes amis, je me rassurerai que tous reçoivent ce message. Dans les activités, dans les clubs des jeunes et partout; je partagerai ces connaissances » a-t-il dit.
Pour Copernic Kabamba, ces 5 jours de formation ont été bénéfique. Il a compris la raison le rôle qu’il doit jouer comme jeune dans le processus de résolution de conflits au sein de sa communauté.

«L’implication des jeunes à tout le niveau du processus de règlement des différends s’avère indispensable d’autant plus que les jeunes peuvent à la fois être auteurs et victimes des violences. Cette série de formation m’aidera à mettre sur pied toutes les stratégies qui amèneront les membres de ma communauté à quitter leurs zones de crises sans faire recours à la violence ou à l’agression pour régler leurs conflits. Parmi les stratégies que je mettrai en place, des cadres d’échange avec les jeunes pour les faire comprendre le rôle que les jeunes doivent jouer dans la communauté. » a-t-il indiqué.
Toujours dans les interventions, certains défis étaient relevés par les participants. Tous déterminés de redynamiser leurs activités, ceux-ci ont également déterminé des stratégies pour y remédier. C’est comme nous l’a précisé Olive Mirindi du Club de paix Tujenge Amani de Majengo.

« Notre Club faisait face à plusieurs défis dont un manque de communication efficace entre les membres. Les membres ne savaient pas toujours bien dialoguer, écouter ou résoudre les petites mésententes sans créer de petites tensions. Grâce à cet enchaînement des formations, nous comptons en tout cas opter pour une meilleure communication et un esprit d’équipe. Tous les membres savent déjà mieux écouter, parler sans violence et travailler ensemble et nous sommes déterminés de mettre cela en œuvre. »
Ces 5 jours ont constitué aussi un moment d’évaluation personnelle et collective pour tous les membres des clubs de paix. Eduige Kubusibwa du Club de Paix Kijana na Amani de Kyeshero nous a partagé son témoignage

« Ce qui est sûr, ces différentes formations m’ont aidée à changer ma façon de voir les autres. Dans une ville comme Goma, où il y a souvent des tensions, j’ai appris à éviter les discours de haine et à chercher toujours la paix dans mes relations. Aujourd’hui, je fais plus d’efforts pour vivre en bonne cohabitation avec les autres et pour régler les conflits d’une manière pacifique… C’est beaucoup mais ce que je te dis car étant indispensable pour moi » dit Eduige
Depuis le début des formations en Mars dernier et l’installation des clubs de paix 2 mois plus tard, ces derniers ont déjà apporté des changements positifs dans la communauté. C’est l’évaluation faite par Sebuhoro Merveille du Club de Paix Upendo de Mugunga. Selon elle, le changement est palpable.

« Dans notre Quartier Mugunga, le discours de haine était vraiment monnaie courante. Grâce à notre Club de Paix le gens commencent à vivre ensemble, en harmonie et sans discrimination. Nous avons constaté aussi que le Salongo [travaux communautaires] nous aident à nous rapprocher. Il n’y a pas si longtemps que nous vivions dans un même quartier sans nous connaître mutuellement. Chacun était dans sa vie et personne ne s’intéressait de ce qu’était l’autre, mais, les salongo ont fait que nous soyons de plus en plus proches. C’est parmi les grandes réalisations que nous mettons à l’actif de notre club de paix »
Il est évident que le besoin de cette série des formations se faisait ressentir par les jeunes. Cela a été démontrée lors des interventions. En signe de reconnaissance, Baraka Bose du Club de paix Mahujaa wa Amani de Ndosho n’a pas manqué de mots pour dire merci au club Rfi Goma.

« Je remercie sincèrement Le Club RFI pour ce qu’il est en train de faire pour nous dans le but d’arriver à une paix durable, merci au renforcement de nos capacités dans différents domaines qui nous dirigent vers la paix, merci pour l’éveil sur la lutte contre les discours de haine, merci pour l’éveil sur l’importance de la cohabitation pacifique, merci de nous avoir donné la capacité sur la résolution des conflits dans nos communautés, merci pour toutes les actions de développement en faveur de la jeunesse, merci pour le renforcement de nos capacités dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Nous n’aurons jamais de mots pour exprimer notre profonde gratitude ». a dit Baraka.
C’est la même chose pour Prisca Sikwaya du même Club de paix. Selon elle, ces formations on ouvert un troisième œil.

« Personnellement je dis grand merci au club Rfi ainsi qu’à ses partenaires. Merci d’avoir pensé à nous en organisant ces différentes formations. Elles nous ont non seulement enrichis et outillés en matière de peacebulding, mais également développé en nous un caractère et un comportement nouveaux de leadership tout en nous invitant au service de notre communauté sans rien attendre en retour et à bâtir un avenir meilleur. Ils méritent des fleurs » a dit Madame Prisca, pleine d’enthousiasme.
La Coordination du Club RFi Goma s’est axé sur les actions jusque-là mises en œuvre par les clubs de paix pour féliciter et encourager tous les membres. Me Bashwira Zacharie a aussi demandé à ces dernier d’être réellement ces vrais bâtisseurs de paix dans leurs clubs et partout dans la société. Pour lui, la jeunesse est non seulement la force de demain, mais aussi et surtout le pilier d’aujourd’hui. Une jeunesse qui s’approprie les actions de paix ne se laissera jamais emporter par des vents maléfiques. a-t-il dit.

Il sied de signaler que les Clubs de paix mis en place dans cette phase pilote du projet Youth leading the way for peace in North Kivu sont des structures locales de paix et de développement qui œuvrent de manière autonome et volontaire. Ils répondent aux besoins spécifiques de la communauté selon les besoins identifiés dans celle-ci.
Pour le moment, 6 Clubs de paix dont 4 en ville de Goma (Majengo, Ndosho, Mugunga et Kyeshero) et 2 dans le territoire de Nyiragongo (Turunga et Ngangi 1) sont déjà à l’œuvre.
On rappelle tout de même que le projet «Youth leading the way for peace in North Kivu» du Club RFi Goma bénéficie d’un accompagnement financier du ministère Allemand des Affaires étrangères via Ifa [Institut für Auslandsbeziehungen] dans son programme Zivik.
La Rédaction