Les personnes vivant avec handicap (PVH), en particulier les petits commerçants transfrontaliers dans la ville de Goma au Nord-kivu, tirent la sonnette d’alarme face à une dégradation alarmante de leurs conditions de vie et de travail ce dernier temps.

Selon les témoignages recueillis ce 3 décembre 2025 par le reporter de Au pic de l’info à l’occasion de la journée internationale des personnes vivant avec Handicap, ces entrepreneurs, dont l’activité est vitale pour leur subsistance, sont aujourd’hui confrontés à une série d’obstacles qui mettent en péril leur survie. Le vol de leurs vélos adaptés pour le transport de marchandises, combiné à l’interdiction de faire passer certains produits, a fortement perturbé leur quotidien.

La situation est d’autant plus critique qu’ils font face à une concurrence féroce et jugée inéquitable. Rocky Ngelema Tchomba président de l’association des handicapés physiques Tuugane (AHPT), se dit indigné :

« Les produits à caractère divers, c’est un peu rare de voir une personne handicapée les transporter. La plupart du travail est pris par les non-handicapés, qui utilisent les motos (trois pneus), les gros tricycles, » déplore-t-il.

Celui-ci souligne la marginalisation croissante des PVH dans un secteur qu’ils dominaient traditionnellement. « La personne handicapée ne se retrouve pas. Elle est devenue perplexe, on ne trouve que les miettes (choux, oranges, oignons : tout ce qui est alimentaire). Seulement 2% pour les divers alors que depuis longtemps ce sont les handicapés qui faisaient traverser ces marchandises. Nous sommes devant un conflit ouvert, une concurrence qui ne dit pas son nom », ajoute-t-il.

Certains de ces commerçants qui n’ont pas souhaité donner leurs noms, rappellent qu’ils possèdent les mêmes capacités et ambitions que tout autre citoyen, à condition que la société leur accorde l’espace et le respect nécessaires. Ils dénoncent également le mépris ressenti au sein même de certaines associations où ils ne sont pas considérés à leur juste valeur.

Ils en appellent avec force aux autorités et aux acteurs humanitaires pour une action concrète :

« Qu’ils fassent tout pour nous identifier et nous venir en aide comme ils le font pour les autres parce que la personne handicapée a toujours été oubliée, et nous voulons être inclus dans la communauté. »

« Que les autorités voient ce qu’elles peuvent faire pour améliorer cette situation qui se dégrade du jour au jour», insiste Monsieur Rocky Ngelema, réclamant plus d’implication et d’écoute pour garantir leur inclusion économique et sociale.

Notons que cette journée a été célébrée sous un silence au Nord-kivu car aucune activité officielle n’a été enregistrée en faveur de ces personnes marginalisées dans la communauté.

 

The Joy MWENGE