Le Consortium des organisations et mouvements des Jeunes engagés dans le changement climatique et la protection de l’environnement au Nord-Kivu a organisé une conférence-débat percutante le vendredi 14 novembre 2025. Tenue à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, cette rencontre a réuni une centaine de jeunes étudiants, chercheurs, membres de la société civile, et acteurs engagés dans la lutte pour la protection de l’environnement et la justice sociale en RDC.

Sous le thème central : « Projets Pétroliers en RDC: Impacts Environnementaux et Sociaux en Prélude à la COP 30 ».  L’objectif de la conférence est de sonner l’alarme face au projet gouvernemental de vente de 55 blocs pétroliers et gaziers, perçu comme une menace existentielle pour le pays.

La République Démocratique du Congo, déjà considérée comme un acteur clé dans la régulation climatique mondiale grâce à son immense forêt, fait face à une crise environnementale et sociale d’une ampleur inédite. L’exploitation des blocs menace directement :

-39 millions de Congolais vivant dans les zones ciblées.

-63% des forêts communautaires, essentielles pour la survie des communautés locales et la séquestration du carbone.

-72% du couloir vert, un corridor écologique vital pour la connectivité des écosystèmes.

Dans salle, les organisateurs de la conférence ont montré que les communautés riveraines, notamment celles autour du Lac Albert, sont en première ligne. Elles risquent la pollution des ressources en eau, la déforestation, et la perte d’habitats dont dépendent leurs moyens de subsistance. Des sites stratégiques comme le port de Mahagi et les cités de Songa, Ziga, Gabu, Mungaga et Kango sont jugés particulièrement vulnérables.

Dans l’Est, la situation est d’autant plus délicate. Les réserves pétrolières situées dans l’emblématique Parc des Virunga et les risques liés à l’exploitation du gaz méthane dans la Baie de Kabuno du Lac Kivu posent des défis sécuritaires et écologiques majeurs.

Jacques BASHONGA, Coordonnateur adjoint de ALLEN + , une des organisations hôtes et coordinateur des jeunes activistes du climat en RDC, a martelé la position de la jeunesse : « Nous voulons que la communauté puisse bénéficier des projets de développement qu’on amène au sein de cette même communauté. Il a été démontré que les communautés locales ne bénéficient en rien aux projets pétroliers en RDC. »

Il a résumé l’ultimatum des jeunes : « Nous restons avec cette position, où nous disons que nous ne voulons des énergies fossiles en RDC, nous voulons qu’on puisse investir dans les énergies renouvelables ».

Les participants de leur côté ont posé plusieurs questions de compréhension et afin ils ont pris l’engagement d’accompagner les organisateurs de la conférence dans la lutte.

Pendant que la COP 30 se poursuit au Brésil, les organisateurs de la conférence ont souligné que la RDC possède une opportunité historique de se démarquer non pas par l’exploitation fossile, mais par son rôle de solution dans les discussions internationales sur le climat et la préservation de la biodiversité.

Notons que la mobilisation du Nord-Kivu est un plaidoyer direct pour un développement durable qui respecte l’environnement et protège les droits des communautés vulnérables. Il est essentiel, selon les organisateurs, de maintenir un dialogue urgent pour mobiliser toutes les parties prenantes et garantir que la RDC choisisse la voie d’un avenir plus vert et plus juste.

 

MUNGUIKO THIERRY Horneyssie