C’est une lueur d’espoir qui s’est allumée sur les écrans des téléphones mobiles ce lundi 16 février 2026. Depuis 23 heures, les abonnés des réseaux Airtel et Orange dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, ont vu le signal réapparaître après pratiquement un mois d’isolement total.

La coupure, qui avait débuté le 19 janvier dernier, n’était pas qu’un simple désagrément technique. Pour les habitants de Rutshuru, Masisi et d’une partie de Lubero, l’impact a été dévastateur; notamment :

– les transactions bloquées : De nombreux utilisateurs rapportent avoir perdu des sommes d’argent envoyées ou reçues via Mobile Money juste avant la coupure.

-Commerce paralysé : En l’absence d’institutions bancaires classiques, les commerçants ont dû voyager avec du liquide, s’exposant à des risques sécuritaires majeurs.

-Tensions sociales : L’impossibilité de justifier les transferts d’argent a créé de profondes mésententes entre proches et partenaires d’affaires.

Les habitants peuvent désormais passer des appels et accéder à nouveau à la connexion internet, un outil devenu vital pour la communication dans cette zone instable.

« C’était devenu impossible de vivre sans savoir ce qui se passe ailleurs ou d’accéder à notre argent. C’est un grand soulagement, même si les pertes subies sont réelles », confie un habitant de la zone.

Malgré ce rétablissement, les raisons officielles de ce black-out de 30 jours restent obscures. Alors que la coupure avait touché simultanément Airtel, Orange et Vodacom dans  plusieurs des territoires Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale, aucune explication technique claire n’a été fournie par les opérateurs.

Sur le plan politique, l’Alliance Fleuve Congo AFC-M23 avait pointé du doigt le gouvernement de Kinshasa, l’accusant d’être l’instigateur de ce sabotage communicationnel dans la zone occupée par ce mouvement politicomilitaire. De son côté, le silence des autorités et des prestataires laisse planer le doute sur les garanties de stabilité du réseau pour les jours à venir.

 

 

Rédaction