Depuis la fin de l’année 2024, de nombreuses femmes et jeunes filles de l’est de la République démocratique du Congo, et plus particulièrement de la ville de Bukavu, se retrouvent sans assistance humanitaire. Dans un contexte de crise sécuritaire où de nombreux foyers ont perdu leurs sources de revenus, la situation humanitaire se dégrade, plongeant ces populations dans une précarité extrême.

Pourtant, face à l’adversité, un groupe de femmes et de jeunes filles de Bukavu a décidé de ne pas rester les bras croisés. Elles ont choisi l’action collective pour surmonter cette crise en créant des activités génératrices de revenus.

C’est ainsi qu’est née, début 2025, l’organisation « PATRICIA SERVICE » (PSERVICE). Ce collectif rassemble 16 membres : 8 jeunes filles, 6 mères de famille et 2 jeunes hommes. Leur premier projet est la production et la vente de savon liquide, un produit essentiel qui trouve preneur sur le marché local de Bukavu.

Selon Patricia Hélène KIBUKILA, la coordinatrice de l’organisation, cette initiative a un objectif clair : offrir une alternative aux femmes et aux jeunes filles pour subvenir à leurs besoins, évitant ainsi qu’elles ne soient contraintes d’exposer leur corps pour survivre.

« Malgré la situation difficile, nous nous sommes mises ensemble pour réfléchir à la manière de la surmonter et de donner de la valeur à la femme en la rendant autonome« , explique-t-elle. L’idée est de bâtir l’indépendance financière des femmes, qui sont souvent les plus vulnérables en période de crise. « Soutenir une femme, c’est soutenir toute une nation », affirme-t-elle, ajoutant que ces initiatives permettent de protéger des jeunes filles qui, sans cela, risqueraient d’être victimes de violences en cherchant désespérément de l’argent.

Le 19 août, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) pour le Nord et le Sud-Kivu a d’ailleurs déploré la détérioration de la situation dans l’est de la RDC. Un constat qui renforce la nécessité d’initiatives locales comme celle de PSERVICE.

Face à ces défis, Patricia Hélène KIBUKILA lance un appel à la communauté internationale . Elle demande l’aide des organisations gouvernementales et non gouvernementales, ainsi que des personnes de bonne volonté, pour soutenir ces femmes sans moyens suffisants mais qui se sont mises ensemble pour résoudre ce problème. Leur ambition est de développer leur activité, de diversifier leur production et d’intégrer d’autres femmes et jeunes filles, pour que l’autonomisation devienne une réalité pour le plus grand nombre.

 

 Redaction

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