Lors d’une conférence de presse tenue le 1er septembre 2025 à Goma, au Nord-Kivu, l’avocat et ancien sénateur Maître Moïse Nyarugabo a dénoncé avec virulence la situation sécuritaire dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu. Il a affirmé que les communautés Banyamulenge y sont victimes d’un « plan d’extermination » orchestré par les Forces armées de la RDC (FARDC), l’armée nationale burundaise et des groupes armés alliés.
Selon Me Nyarugabo, proche de l’ancien chef d’État congolais Joseph Kabila, la violence contre les civils banyamulenge a atteint une « intensité singulière » au cours des derniers mois, notamment dans le territoire de Minembwe. Il a accusé l’armée burundaise d’avoir déployé environ 10 000 hommes et d’avoir établi 58 positions dans la région. L’avocat a également interpellé la communauté internationale, qu’il accuse de fermer les yeux sur le bain de sang en cours depuis 2017.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes et de combats persistants, notamment dans les hauts-plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga. Alors que des négociations de paix se poursuivent à Doha, les affrontements se sont intensifiés entre les FARDC et l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23. Chaque camp se rejette la responsabilité des violences.
Le 1er septembre, c’est aussi le coordinateur de l’AFC, Corneille Nangaa, qui s’est exprimé à Goma, accusant le président Félix Tshisekedi de chercher l’épreuve de force. Il a menacé le camp adverse d’une « réponse appropriée, jusqu’à la neutralisation de la menace à la source ». De leur côté, les FARDC accusent l’AFC-M23 d’avoir incendié des maisons et d’avoir enrôlé de force des civils, y compris des mineurs, comme « boucliers humains ».
Dans un climat de méfiance et de violences, la guerre des mots et des accusations entre les différentes parties risque de mettre en péril le processus de paix et d’aggraver la situation humanitaire dans l’Est de la RDC.
Alain SHAMAMBA TEQUIERO