Le Nord-Kivu, une province marquée par des décennies de conflits armés et de crises humanitaires voit certaines voix se lever pour rappeler que l’information peut aussi être un levier de transformation sociale. Parmi elles, celle du journaliste congolais Jacques Kibwika Sadiki, dont l’engagement constant en faveur des droits des femmes et de l’égalité des genres lui vaut aujourd’hui une reconnaissance grandissante dans le paysage médiatique et communautaire.
Basé à Goma, ce professionnel des médias s’est imposé au fil des années comme l’un des journalistes qui ont fait du genre et de la justice sociale un axe central de leur travail. À travers ses reportages, émissions et productions documentaires, Jacques Kibwika met en parle des réalités souvent invisibilisées des femmes du Nord-Kivu : survivantes de violences, déplacées internes, commerçantes transfrontalières, agricultrices ou encore jeunes filles mères en quête de dignité.
Mais son engagement dépasse la simple production d’information. Sur le terrain des projets communautaires, dans les ateliers de formation ou lors des campagnes de plaidoyer, il accompagne et valorise les initiatives portées par les femmes. Sa démarche se distingue par une approche qui privilégie la dignité, la résilience et le leadership féminin, loin des narrations sensationnalistes qui dominent parfois l’actualité.
Journaliste sensible aux questions de genre, Jacques Kibwika considère le journalisme comme une responsabilité sociale. Chaque micro tendu devient pour lui une opportunité de donner la parole à celles qui en sont trop souvent privées, et chaque reportage une occasion de déconstruire les stéréotypes qui freinent l’égalité.
Cet engagement lui a valu d’être distingué lors de la cérémonie de reconnaissance des leaders engagés pour la promotion des droits des femmes, la justice sociale et la consolidation de la paix au Nord-Kivu. L’événement, organisé par le Collectif des Associations Féminines pour le Développement, CAFED, en collaboration avec ONU Femmes et le Women’s Peace & Humanitarian Fund, s’est tenu le 4 mars dans la ville touristique de la RDC.
Devant des centaines de participants réunis pour l’occasion, Jacques Kibwika a reçu un diplôme de mérite récompensant son implication dans la promotion de la masculinité positive et la défense des droits des femmes à travers ses écrits.

Prenant la parole, le journaliste a souligné que beaucoup reste encore à faire dans le domaine de la communication. Selon lui, certains hommes demeurent prisonniers de stéréotypes qui freinent la construction d’une société plus égalitaire.
« La femme est une partenaire qui a les mêmes droits que l’homme », a-t-il insisté, appelant les professionnels des médias à s’impliquer davantage dans la promotion de l’égalité et de la justice sociale.
Habitué à être reconnu pour son engagement dans cette cause, il n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude envers le CAFED et particulièrement envers sa présidente Isabelle Pendeza, saluant une initiative qui renforce la mobilisation collective en faveur des droits des femmes et de la paix durable.
Dans un contexte où défendre l’égalité peut parfois susciter incompréhensions ou pressions, Jacques Kibwika est une figure de courage professionnel. Son travail insiste sur le fait que le journalisme ne se limite pas qu’à informer mais va au-delà en contribuant à la construction d’une société plus juste.
La Rédaction.