Ce jeudi 30 avril, les forces vives du Nord et du Sud-Kivu ont uni leurs voix à Goma dans la province du Nord-Kivu pour rejeter fermement toute velléité du régime de Kinshasa de modifier la Constitution de la République démocratique du Congo.

Pour ces acteurs de la société civile, le débat actuel est loin d’être la priorité. Alors que l’Est du pays traverse une crise sécuritaire et humanitaire profonde, toucher à la loi fondamentale serait un signal alarmant pour la stabilité du pays.

Les représentants de la société civile ont été clairs sur cette question en disant que la stabilité institutionnelle ne doit pas être sacrifiée sur l’autel des intérêts partisans.

« La priorité aujourd’hui devrait être la sécurité, la cohésion nationale et la réponse aux urgences sociales », a martelé l’un des porte-paroles lors de leur point de presse tenue à Goma, entité sous contrôle de L’AFC-M23 depuis maintenant plus d’une année.

Pour ces organisations de la société civile, relancer un débat sur la Constitution risque de braquer les projecteurs sur des enjeux politiciens au détriment du bien-être des populations locales, déjà lourdement éprouvées. Elles craignent également qu’un tel chantier, s’il n’est pas basé sur un consensus national, n’approfondisse les divisions politiques et ne fragilise les institutions dans un climat national très sensible.

Au niveau de Kinshasa, la question divise profondément la classe politique.

Au sein de l’Union sacrée et de l’UDPS, plusieurs figures soutiennent l’idée d’une révision. Elles avancent que ce changement permettrait d’améliorer la gouvernance, de consolider l’intégrité territoriale et d’accélérer le développement du pays, précisent ces mêmes responsables.

Ces organisations œuvrant dans les entités ayant subit les affres de la guerre, dénonce vivement le projet, y voyant une stratégie visant à prolonger ou renforcer le pouvoir en place.

Alors que le sujet reste encore informel à ce stade, la question s’impose comme une véritable ligne de fracture à l’approche des prochaines échéances électorales, rappelant l’urgence de répondre aux attentes directes de la population.

 

Fiston MUHINDO