À Goma, la vaccination reprend le terrain pour tenter de rattraper les enfants encore exposés à la poliomyélite, à la rougeole et à la rubéole. Les autorités sanitaires du Nord-Kivu ont officiellement lancé, ce Lundi 17 Août 2026, une campagne intégrée de vaccination qui se poursuivra pendant cinq jours dans plusieurs zones de santé de la province.
Le coup d’envoi de cette opération a été donné en présence des autorités sanitaires et de plusieurs partenaires engagés dans la riposte et la prévention des maladies, parmi lesquels l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF, la Croix-Rouge de la RDC …
L’objectif est clair : augmenter la couverture vaccinale et réduire les risques de propagation de maladies qui continuent de toucher les enfants dans un contexte sanitaire particulièrement fragile.
Pour la poliomyélite, 1 830 000 enfants âgés de 0 à 59 mois sont ciblés dans le Nord-Kivu. La campagne contre la rougeole et la rubéole concerne, quant à elle, 2 862 811 enfants âgés de 6 mois à 14 ans. Ces chiffres traduisent l’ampleur de l’opération.
Le Docteur Biya Kizinkinko, chef de la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu, reconnaît que l’accessibilité constitue l’un des principaux obstacles à la réussite de la campagne. Malgré cette situation, les autorités sanitaires veulent maintenir la pression pour que les enfants vivant dans les milieux enclavés puissent eux aussi bénéficier de la vaccination.
« Aucun enfant ne doit être laissé de côté », a-t-il insisté, tout en invitant les parents à saisir cette occasion pour faire vacciner leurs enfants et vérifier leur calendrier vaccinal de routine.

Pour atteindre les cibles, les équipes de vaccination ne se limiteront pas aux sites fixes. Des stratégies fixe et avancée seront utilisées afin de rapprocher les vaccinateurs des communautés.
Pour les responsables sanitaires, cette étape est essentielle : dans une campagne de masse, une seule occasion manquée peut maintenir un enfant dans une situation de vulnérabilité.
L’OMS appelle également à ne pas minimiser la menace que représente la rougeole. Kikoy Djamila Carine, épidémiologiste à l’OMS, bureau de Goma, souligne que cette maladie continue de provoquer des complications graves et de contribuer à la morbidité et à la mortalité infantiles lorsque les enfants ne bénéficient pas d’une protection vaccinale suffisante.
La rubéole constitue elle aussi une préoccupation particulière. Contractée pendant la grossesse, elle peut entraîner de graves conséquences pour le fœtus et le nouveau-né. D’où l’importance, selon les acteurs sanitaires, de renforcer la protection de la population par la vaccination.
La poliomyélite, bien qu’elle soit évitable grâce à la vaccination, demeure pour sa part une menace qui justifie le maintien des campagnes de vaccination et de la surveillance épidémiologique.
Au-delà du travail des équipes médicales, la réussite de cette campagne dépendra fortement de l’adhésion des familles.
Le docteur Stéphane Hans Bateyi, coordonnateur du Programme élargi de vaccination, appelle ainsi les communautés à participer massivement à l’opération.
Les autorités comptent également sur les chefs communautaires et religieux, les autorités locales et les médias pour relayer les messages de sensibilisation et encourager les parents à faire vacciner leurs enfants.
Pendant cinq jours, tous ces enfants ciblés seront appelés à recevoir leurs doses pour lutter contre ces maladies
La Rédaction