Vultures eating and perching on a dead hippo in the Selous Game Reserve in Tanzania. White bird droppings on the skin.

Un hippopotame retrouvé mort à Vitshumbi, dans le territoire de Rutshuru, a été testé positif au charbon bactéridien, également appelé anthrax. L’alerte a été lancée ce vendredi 14 août par les autorités sanitaires de la zone de santé rurale de Kibirizi, après des analyses effectuées sur des prélèvements de la carcasse.
Les autorités sanitaires appellent la population à ne pas toucher à l’animal mort et surtout à ne pas consommer sa viande. Selon les informations disponibles, une partie de la carcasse aurait déjà été emportée avant l’intervention des services compétents. Aucun cas humain lié à cet incident n’a, à ce stade, été signalé.
Cette situation ravive les inquiétudes autour de la protection de la faune sauvage dans le secteur de Vitshumbi, situé à proximité du Parc national des Virunga et du lac Édouard, où vivent d’importantes populations d’hippopotames.
Une espèce déjà confrontée à plusieurs menaces
Les données de conservation disponibles montrent que les hippopotames des Virunga restent confrontés à plusieurs risques. Le dernier recensement réalisé en février 2026 fait état de plus de 2 700 hippopotames, répartis en 171 groupes, avec 153 jeunes recensés. Le sud du lac Édouard constitue aujourd’hui le principal noyau de cette population.
Cette reprise demeure cependant fragile. Le Parc national des Virunga rapporte qu’une épidémie d’anthrax avait causé la mort de 65 hippopotames en 2025. Le braconnage, la perte d’habitat et la présence de groupes armés autour du lac Édouard constituent également des menaces importantes pour cette espèce.
Les informations de conservation soulignent également que les hippopotames sont des animaux potentiellement dangereux lorsqu’ils se sentent menacés. Leur proximité avec les zones habitées et les activités humaines autour du lac Édouard impose donc une vigilance accrue des communautés riveraines.
L’alerte des acteurs de protection de l’environnement
Face à cette nouvelle alerte, Action without Border-RDC appelle les communautés riveraines à renforcer leur responsabilité dans la protection de la nature et de la faune sauvage.
Selon son coordonnateur national, MUNGUIKO THIERRY Horneyssie, la population doit être considérée comme un acteur essentiel de la conservation.
« La population doit être le premier protecteur de la forêt et de tout ce qui s’y trouve. Lorsqu’un animal sauvage est retrouvé mort, il ne faut ni le toucher, ni le découper, ni consommer sa viande. Il faut immédiatement alerter les services compétents », insiste-t-il.
Pour cette organisation, la conservation du Parc national des Virunga ne peut pas reposer uniquement sur les écogardes et les services de l’État. Elle nécessite également l’implication des communautés vivant autour des aires protégées, notamment à travers la dénonciation du braconnage, la protection des habitats et le signalement rapide des animaux morts ou malades.
L’organisation encourage ainsi les habitants de Vitshumbi et des zones environnantes à éviter tout contact avec les carcasses d’animaux sauvages et à transmettre rapidement les informations aux autorités sanitaires et environnementales.
Une vigilance sanitaire et environnementale nécessaire
L’anthrax représente une menace qui concerne à la fois la santé humaine, le bétail et la faune sauvage. Un rapport de situation de l’Institut national de santé publique sur l’épisode d’anthrax au Nord-Kivu en 2025 avait notamment documenté des cas chez les hippopotames et les buffles, ainsi que des cas suspects et confirmés chez l’être humain.
Dans ce contexte, la découverte d’un nouvel hippopotame positif à Vitshumbi appelle à une surveillance renforcée. Les autorités sanitaires, les services de conservation et les communautés locales sont invités à travailler ensemble afin d’éviter la propagation de la maladie et de prévenir d’éventuels nouveaux contacts entre les populations et les animaux infectés.
Notons qu’au-delà de l’épisode sanitaire actuel, Action without Border-RDC estime que la protection des hippopotames doit s’inscrire dans une vision plus large de sauvegarde de la biodiversité du Parc national des Virunga.

 

 

Nelly Joyce Muhemeri