Alors quels pays poursuit sa riposte contre lépidémie de maladie à virus Ebola, le gouvernement annonce une rentrée scolaire adaptée au niveau de risque sanitaire dans les zones affectées. Prévue pour le 1er Septembre, cette rentrée sera organisée selon un système distinguant les zones vertes, oranges et rouges, avec notamment le recours à l’enseignement à distance dans les zones à haut risque.

Une rentrée scolaire adaptée à la situation épidémiologique

Le ministère de l’Éducation nationale entend éviter que l’épidémie ne provoque une rupture durable des apprentissages. Dans les zones touchées, les autorités prévoient ainsi une organisation différenciée de la rentrée, en coordination étroite avec le ministère de la Santé.

Le dispositif repose sur trois catégories de zones. Les zones vertes, où aucun cas d’Ebola n’est connu, doivent poursuivre les activités scolaires avec un accent particulier sur la prévention. Les zones oranges, considérées comme touchées mais ne présentant pas le niveau de risque le plus élevé, bénéficieront d’un renforcement des mesures d’hygiène, de sensibilisation et de surveillance. Quant aux zones rouges, identifiées comme des foyers à haut risque, elles seront soumises à un dispositif spécifique destiné à limiter les rassemblements.


Dans ces dernières zones, les écoles resteront toutefois des points de service éducatif. Les enseignants et les encadreurs y seront présents, tandis que les élèves recevront des supports pédagogiques leur permettant de poursuivre leur apprentissage à domicile.

Des cours à distance sans internet

Contrairement à une conception classique de l’enseignement à distance, le dispositif prévu ne reposera pas sur internet ou sur l’acquisition d’équipements numériques.

Les élèves des zones à haut risque recevront périodiquement des feuilles pédagogiques élaborées à partir du programme scolaire et centrées sur les savoirs essentiels. Ces supports seront complétés par des émissions diffusées sur les radios locales et communautaires.

L’objectif affiché par les autorités n’est pas de reproduire intégralement les cours en présentiel, mais de maintenir les enfants dans une dynamique d’apprentissage et de préserver leur lien avec l’école pendant la période de risque sanitaire.

Le dispositif doit être évalué toutes les quatre semaines, en fonction de l’évolution de l’épidémie. Les autorités assurent également que cette formule ne devrait pas entraîner de coûts supplémentaires pour les parents, sa prise en charge devant être assurée par le gouvernement avec l’appui de ses partenaires.

Prévenir la propagation dans les écoles

Dans les zones oranges, les activités scolaires pourront se poursuivre avec un accent renforcé sur la prévention. Les élèves présentant des symptômes, notamment de la fièvre, sont appelés à rester à domicile et à se rapprocher des structures de santé.

Le gouvernement mise également sur la sensibilisation des élèves, des parents, des enseignants et des responsables d’établissements. L’installation de dispositifs de lavage des mains et le respect des mesures de prévention doivent contribuer à empêcher qu’une zone verte ne devienne orange ou qu’une zone orange ne bascule dans le rouge.

« Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés, et par l’épidémie, et par l’arrêt des cours », résume l’orientation défendue par les autorités éducatives.

La vaccination au cœur de la riposte

Sur le front sanitaire, le gouvernement annonce parallèlement le renforcement de la vaccination, notamment en faveur des personnes particulièrement exposées à la maladie.

Les autorités évoquent l’utilisation du vaccin contre Ebola-Zaïre dans le cadre de la riposte actuelle contre le virus responsable de l’épidémie en cours. Selon les explications fournies, cette décision s’appuie notamment sur des observations réalisées chez des personnes précédemment vaccinées, ainsi que sur des résultats d’études biologiques et animales faisant état d’une possible protection.

Le gouvernement précise que cette stratégie ne constitue pas l’introduction d’un vaccin totalement nouveau dans la population congolaise. Le vaccin contre Ebola-Zaïre avait déjà été largement utilisé lors de précédentes épidémies, notamment en 2018.

Une première quantité de doses est annoncée à Kisangani pour permettre le démarrage de la vaccination du personnel de santé. Les autorités indiquent également avoir prévu une augmentation du stock disponible afin d’étendre la couverture vaccinale.

Une riposte qui combine santé et éducation

La stratégie présentée par le gouvernement repose donc sur un double impératif : freiner la propagation du virus tout en évitant une interruption prolongée de l’éducation.

La collaboration entre les ministères de la Santé et de l’Éducation nationale doit permettre d’adapter les mesures à l’évolution de la situation dans chaque zone. Sensibilisation, vaccination, surveillance, hygiène et continuité pédagogique constituent ainsi les principaux axes de cette réponse.

Alors que l’épidémie continue de mobiliser les autorités et les partenaires sanitaires, le gouvernement veut surtout éviter que la crise sanitaire ne se transforme en crise éducative. La rentrée du 1er septembre devra ainsi s’adapter à la réalité de chaque territoire, avec comme priorité affichée la protection des élèves et du personnel éducatif, sans abandonner les apprentissages.

Norbert Mwindulwa

 

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