Le gouvernement congolais veut privilégier la sensibilisation et la reddition volontaire des combattants encore actifs dans les zones de conflit, plutôt qu’une approche exclusivement répressive. C’est ce qu’a fait savoir le ministre délégué chargé de la mission de démobilisation, qui affirme avoir pour priorité de convaincre les groupes armés de déposer les armes et de rejoindre le processus de paix.
Selon ses déclarations, 590 personnes ont déjà été orientées vers Kanyamakate, tandis que d’autres combattants restent cantonnés dans différents villages ainsi qu’à Tinda. Sur le volet sécuritaire, 546 armes ont été récupérées et réunies au niveau de la logistique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). D’autres armes, déjà récupérées sur le terrain, doivent encore être centralisées, précise le ministre.
Au-delà du désarmement, les autorités annoncent également des enquêtes sur les éventuels commanditaires ou personnes impliquées dans l’instrumentalisation des combattants. Le ministre indique que ces investigations sont menées avec les services compétents et que leurs conclusions éventuelles devront être soumises aux instances judiciaires habilitées.
D’un conflit foncier à une crise communautaire
Le gouvernement refuse par ailleurs de réduire les violences à un simple affrontement entre communautés. Le ministre présente plutôt la situation comme un conflit foncier ayant progressivement dégénéré, avec des répercussions importantes sur la cohabitation entre différentes communautés, notamment dans les zones concernées par les tensions entre Teke et Yaka.

Dans cette perspective, le désarmement ne constitue qu’une première étape. La prochaine priorité demeure la réconciliation entre les communautés, la sécurisation des populations et le règlement des différends fonciers, considérés comme l’une des sources profondes des tensions.
Les FARDC appelées à répondre de leurs actes
La question du comportement des forces de sécurité dans les zones pacifiées a également été abordée. Le gouvernement rappelle que les militaires qui se rendraient coupables d’abus dans le cadre des opérations de pacification doivent répondre de leurs actes devant la justice. Cette position intervient alors que les rapports entre les forces armées et certaines populations restent marqués par des perceptions parfois contradictoires.
Sur le plan diplomatique, Kinshasa maintient ses exigences dans les processus de paix de Washington et de Doha, notamment le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien aux groupes armés.
Le gouvernement entend également renforcer la communication directe avec les médias à travers un « panel gouvernemental », présenté comme un cadre permettant aux membres de l’exécutif de présenter leurs réalisations et de répondre aux préoccupations des journalistes. Des déplacements de journalistes dans certaines zones récemment pacifiées sont également envisagés afin de leur permettre de constater directement l’évolution de la situation sur le terrain.
Pour Kinshasa, la stabilisation durable des zones touchées par les violences ne pourra toutefois pas reposer uniquement sur le désarmement. Elle devra s’appuyer sur la justice, la réconciliation, le règlement des conflits fonciers et la restauration de la confiance entre les populations et les institutions.
Norbert Mwindulwa