À Turunga, dans le territoire de Nyiragongo, l’histoire de la jeune Jocelyne et de sa mère, Gisèle Kahambu, est un condensé de douleur et de précarité. Entre maladie non traitée, absence de scolarité et pauvreté extrême, cette famille lance un appel au secours pour sortir d’une impasse qui dure depuis 14 ans.

Tout bascule pour Jocelyne alors qu’elle n’a qu’une année. Frappée par un mal soudain, ses parents l’emmènent à l’hôpital où le diagnostic tombe : le tétanos. Pourtant, pour la famille, le doute persiste. Aucune plaie n’était visible sur le corps du nourrisson, laissant planer le spectre d’une maladie inconnue.

Aujourd’hui âgée de 15 ans et grande-soeur de trois autres filles, Jocelyne orpheline de père porte les stigmates de cette affection. Vivant avec un handicap physique sévère, elle n’a jamais pu franchir le seuil d’une école. Pire encore, sa santé se dégrade faute de suivi médical approprié.

Sa mère, Gisèle Kahambu, désormais veuve et sans travail, doit porter seule la charge de Jocelyne et de ses trois petites sœurs. Une responsabilité devenue insupportable face au manque de moyens.

« Cela fait deux ans que ma fille n’a plus pris ses médicaments destinés à la dilatation de ses muscles », confie-t-elle avec amertume au reporter de Au pic de l’info ce samedi 20 décembre 2025.

Sans ces soins essentiels, le quotidien de l’adolescente est une lutte permanente contre la raideur de son propre corps, dans une région où l’accès aux services de base est déjà un luxe suite à crise sécuritaire à l’est de la Rdc.

Dans ce tableau sombre, l’organisation JIRANI MUSAADA tente de jouer les garde-fous. Mais son coordonnateur, Muhindo Kavyavu Jackson, ne cache plus son inquiétude. L’organisation prend actuellement en charge une soixante d’enfants orphelins dont certains vivant avec handicap, mais les ressources s’épuisent dans un contexte économique de plus en plus difficile au Nord-kivu et surtout dans le territoire de Nyiragongo.

Pour ce dernier , la crise actuelle rend l’achat de médicaments et de nourriture presque impossible, autrefois soutenue, l’organisation se retrouve aujourd’hui sans appui financier pour assurer sa mission.

« La situation est extrêmement compliquée. Nous accompagnons des enfants comme Jocelyne, mais nous n’avons plus les moyens de nos ambitions », explique Muhindo Kavyavu.

Face à l’urgence, le coordonnateur de JIRANI MUSAADA lance un appel aux personnes de bonne volonté, aux organisations humanitaires et aux autorités locales. Il ne s’agit pas seulement de soigner Jocelyne, mais de redonner une dignité à des dizaines d’orphelins qui, en plus de leur handicap, subissent de plein fouet l’indifférence et la faim.

Notons que l’espoir de ces orphelins et de Jocelyne en particulier repose désormais sur un élan de générosité qui permettrait à Jocelyne de reprendre son traitement et, peut-être un jour, de connaître le chemin de l’école.

 

 

MUNGUIKO THIERRY Horneyssie