Dans la cité de Sake, territoire de Masisi, la seule radio communautaire, Sake FM, fait face à une situation critique. Après avoir été pillée et vandalisée lors des affrontements entre les FARDC et le M23 fin 2024 et début 2025, la station lutte pour sa survie. Son directeur général, Ismaël Matungulu, a lancé un appel à l’aide, soulignant l’urgence de la situation.

Selon Ismaël Matungulu, les dégâts sont considérables : les ordinateurs, enregistreurs et la plupart des équipements ont été dérobés, et les studios de la radio ont été saccagés. Le bureau, la salle de rédaction et même les studios ont été dévastés. Ne disposant plus de locaux, le directeur a été contraint d’installer le peu de matériel restant chez lui pour continuer à émettre.

Malgré ces difficultés, Sake FM continue de servir sa communauté. Cependant, les sept journalistes de la station, qui travaillent souvent de manière bénévole, ont dû prendre un congé forcé. Ismaël Matungulu insiste sur le fait que la radio est une ressource vitale pour la population locale, qui dépend d’elle pour s’informer et rester connectée.
Cet appel à l’aide intervient alors que la situation humanitaire dans le Nord-Kivu est plus que préoccupante. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée chaque 19 août, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a déploré une dégradation alarmante de la situation. Selon Claudine Joseph d’OCHA Nord-Kivu, plus de 2 millions de personnes ont besoin d’aide d’urgence, et douze travailleurs humanitaires ont perdu la vie dans la province depuis le début de l’année.
La situation de Sake FM n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des défis auxquels sont confrontées les communautés et les organisations locales dans la région. La station, qui a perdu la quasi-totalité de ses ressources, est un témoignage des répercussions du conflit sur la vie civile et sur la liberté d’expression.
Notons que l’aide de la communauté internationale, union européenne, des personnes des bonnes volontés, ONG locales et internationales est plus que jamais nécessaire pour que cette voix de la communauté ne s’éteigne pas, poursuit Ismaël MATUNGULU.
MUNGUIKO THIERRY Horneyssie