Le spectacle glacé de la signature à la Maison Blanche, ce 4 décembre 2025, entre la RDC et le Rwanda en présence du président Trump, a dépassé le simple protocole diplomatique : il a incarné un divorce politique abyssal. Pas de poignées de main entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, pas de regards complices, seulement un silence pesant sous les flashs des photographes, malgré les déclarations triomphantes de Trump qualifiant l’événement d’« incroyable jour pour l’Afrique et le monde ».
Cette cérémonie, retardée à maintes reprises depuis les accords préliminaires de juin, sonne comme une obligation imposée par les pressions américaines et qataries, plutôt qu’un véritable électrochoc pour la paix.
Au-delà des discours optimistes, Trump évoquant la fin d’un conflit vieux de 30 ans ayant coûté plus de 10 millions de vies, la réalité dans l’est de la RDC demeure explosive. Les groupes armés, dont le M23, poursuivent leurs exactions : clashes violents à South-Kivu le 2 Décembre, attaques près de Lwanguku tuant plus de 20 personnes et blessant des dizaines de civils, sans oublier les opérations en octobre contre les positions gouvernementales près de Bunagana. La coopération militaire promise entre Kinshasa et Kigali reste embryonnaire, entachée de soupçons mutuels : le Rwanda conditionne son retrait à la neutralisation des FDLR, tandis que la RDC accuse Kigali de soutenir encore les rebelles.

Cet accord, baptisé Washington Accord, réitère des engagements anciens : retrait rwandais, désarmement des FDLR et M23, cadre économique sur les minerais critiques avec les États-Unis… mais occulte les racines profondes : exploitation illégale des ressources transfrontalières, présence persistante de troupes rwandaises malgré les délais, et violations répétées des cessez-le-feu avec le M23, comme en octobre et novembre. Les mécanismes conjoints de coordination sécuritaire, censés démarrer en octobre, peinent à se matérialiser, tandis que les négociations de Doha avec le M23 stagnent sur le retour de l’autorité de l’État.
Le vrai péril réside dans cette paix de façade : civils traumatisés, ONG et leaders communautaires de l’Est congolais sont écartés des pourparlers, perpétuant un déficit de confiance fatal. Kagame et Tshisekedi promettent sincérité, mais les critiques fusent qualifiant cela de « théâtre diplomatique » aux activistes dénonçant l’absence de progrès tangible. Sans dialogue inclusif, cet accord risque de conforter des postures nationalistes au détriment d’une stabilité durable.
Ainsi, ce parchemin signé dans le faste de la Maison Blanche s’annonce comme un coup de com’ éphémère, condamné à l’oubli comme tant d’autres. La paix exige d’affronter les sources réelles du chaos: milices, minerais, ingérences, via une justice inclusive et transparente, loin des sommets symboliques. À défaut, Washington 2025 rejoindra la liste des échecs diplomatiques, laissant des millions otages de la violence.
Stoïcien Sky Lwembo