L’atmosphère était d’une autre ambiance dans le milieu humanitaire ce Mercredi 04 Mars 2026 en ville de Goma. Loin d’être une simple cérémonie protocolaire, c’était un moment de vérité, de ceux qui réconcilient un peuple avec ses leaders. Alors que le CAFED [Ndrl : Collectif des Associations Féminines pour le Développement] et ONU Femmes honoraient les figures marquantes de l’action humanitaire de l’année 2025, il est certain que celui du Coordonnateur des projets du Club RFi Goma, au nom de toute son équipe, ne pouvait pas manquer. À son appel, des ovations en signe de respect ont rempli la salle.

Ce n’est pas seulement le Coordonnateur des projets du Club RFI RDC/asbl que l’on applaudissait, mais l’homme qui, depuis des années, a troqué le confort d’un cabinet feutré pour la poussière et l’urgence des camps de déplacés, des actions avec les jeunes, les enfants et les femmes en besoin, en prenant la tête d’une grande équipe qui l’accompagne efficacement dans cette vision. Ce brevet de mérite, reçu sous les acclamations, scelle une reconnaissance communautaire pour celui qui a fait de la protection de plus vulnérables le combat de sa vie.

Pour comprendre l’impact de Zacharie Bashwira, il faut regarder d’où il vient. Originaire de la province voisine du Sud-Kivu et évoluant dans un Nord-Kivu meurtri par des décennies de conflits, il porte en lui les stigmates et les espoirs de cette région. Avocat de formation, diplômé en Droit public et international de l’Université Catholique de Bukavu, il aurait pu choisir une carrière classique. Mais sa formation humaniste au Petit Séminaire de Mugeri lui a inculqué une rigueur morale qui ne s’accommode pas de l’indifférence.

Depuis 2016, inscrit au Barreau de Goma, il utilise la loi comme un bouclier pour ceux qui n’en ont plus. Pour lui, la toge ne sert pas de visibilité; c’est une armure qu’il revêt pour défendre les veuves, les orphelins, les survivantes de violences sexuelles et tous ceux qui d’une façon ou d’une autre ont besoin.
Le jury du CAFED et d’ONU Femmes ne s’y est pas trompé. L’un des points culminants des actions sous son leadership en 2025 a été l’engagement sans faille pour la promotion des droits des femmes. Dans un contexte où le viol a trop souvent été utilisé comme une arme de guerre, Me Zacharie et son équipe, ont refusé de voir ce crime devenir un «héritage social »; avec le Club RFi Goma, il a posé son veto contre sa normalisation par certains qui, malheureusement en profitent.

À travers le projet « Agissons pour la paix », soutenu par le centre de crise du ministère français de l’Europe via La Guilde européenne du raid. Ce projet de plus de deux ans est l’une des initiatives phares exécutées dans un contexte particulier et qui a beaucoup influencé cette reconnaissance communautaire, cela car pendant que beaucoup abandonnaient la ville et se retiraient de l’action humanitaire, Me Zacharie, via le Club RFI RDC /asbl est resté fidèle à ses convictions et aux côtés de plus nécessiteux.
En deux ans, plus de 102 000 déplacés ont reçu une assistance, dont 27 000 femmes. Mais au-delà des chiffres, c’est l’approche humaine qui attire l’attention: 947 victimes de violences sexuelles ont bénéficié d’un suivi psychosocial, médical et juridique dans les 72 heures suivant l’agression; plus de 2 000 kits de dignité distribués pour redonner de l’estime aux femmes; sous son impulsion, le Club RFi Goma a introduit la «cinémathérapie», une méthode utilisant le cinéma pour aider les femmes traumatisées par la guerre à libérer leur parole et à entamer un processus de guérison individuelle et collective en même temps.
Si Me Zacharie est tant respecté, c’est aussi parce que lui et son entourage au sein du Club RFi ont compris que la paix de demain se prépare avec la jeunesse d’aujourd’hui. Ils refusent de voir les jeunes du Kivu comme une menace ou une main-d’œuvre pour les groupes armés. Ils les voient comme des « artisans de la non-violence ».
Grâce au projet « Youth Leading the Way for Peace », cette équipe a mis en place un réseau de 180 jeunes « bâtisseurs de paix » répartis dans les quartiers les plus sensibles de Goma et villages du territoire de Nyiragongo.
Avec le projet « Donne-moi aussi une chance», sa vision concrétisée par toute l’équipe a permis à 30 orphelins de guerre d’apprendre des métiers concrets (mécanique, soudure, coupe et couture…).
Son engagement n’est pas récent. En 2023-2024, il a piloté l’exécution par le Club RFI du projet « Uchaguzi Bora », formant des centaines de femmes et de jeunes à l’éducation électorale pour prévenir les violences politiques.

L’implication sociale et humanitaire de Zacharie Bashwira s’étend également à la protection de l’enfance et de la nature. Ancien responsable à la Virunga Foundation, avec son équipe d’alors, ils ont conçu des modules éducatifs sur la cohabitation pacifique entre l’homme et la biodiversité.
Il est l’auteur de la bande dessinée «Écolière-Écolo », un outil pédagogique engageant les plus jeunes dans la protection de leur patrimoine écologique. Pour les enfants déplacés, sous sa coordination six « safe spaces » ont été construits; des espaces sécurisés où le jeu et l’ergothérapie remplacent, le temps d’une journée, le fracas des bombes.
Me Bashwira va au-delà d’être un homme d’action, c’est aussi un expert reconnu en Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC). Qu’il s’agisse de litiges fonciers liés aux déplacements forcés ou de tensions intercommunautaires, il privilégie toujours le dialogue participatif. Il a chapeauté des équipes permettant ainsi d’accompagner de nombreuses initiatives de réconciliation dans le territoire de Nyiragongo.
En recevant ce diplôme de mérite du CAFED et d’ONU Femmes, Me Zacharie Bashwira a tenu à rappeler que « la paix est un apprentissage collectif ». Sa force réside dans sa capacité à être partout avec son équipe solide : à la barre pour plaider le droit, dans les médias (RFI, France 24, Radio Okapi, aupicinfo.com, radio soleil levant…) pour alerter l’opinion internationale et nationale, et surtout sur le terrain, aux côtés des populations locales.
Il est un pivot pour cette nouvelle génération de leaders congolais, pragmatiques et profondément humanistes, qui ne se contentent pas de dénoncer, mais qui agissent pour réparer les vivants.
Toujours actif avec le Club RFI Goma, la branche humanitaire de Radio France Internationale, Son staff et lui continuent de transformer les multiples défis en un essaim d’opportunités de résilience.
Ce brevet de mérite n’est pas une fin en soi, c’est peut-être un carburant. Pour l’avocat-humanitaire, le combat continue tant qu’un enfant ne peut pas rêver d’avenir et tant qu’une femme craint pour sa dignité.
Stoïcien Sky Lwembo