Si vous êtes en ville de Goma particulièrement ou à l’Est de la RDC, il est certain que vous ayez entendu parler d’organes génitaux qui disparaissent; qu’il faut prévenir cette disparition en portant des épingles et élastiques. Mais, quelle est la réalité derrière toute cette histoire ? D’où est-elle venue ? Nous nous sommes plongés sur cette affaire et nous avons découvert une autre réalité.

Premièrement il faut retenir qu’aucun organe génital masculin n’a disparu, et que tous ceux qui en témoignent seraient atteints d’une certaine maladie psychiatrique caractérisée par un syndrome appelé « Syndrome de rétraction génital ou Syndrome de Koro ». Selon le Docteur Bengehya, aucune preuve anatomo-physiologique ne peut expliquer une disparition mystérieuse d’organes génitaux. Par contre, cette situation s’explique par un trouble psychologique rare qui se caractérise par une peur intense et soudaine que les organes génitaux masculins ou feminins se rétractent dans le corps et disparaissent, pouvant entraîner la mort. Toujours selon lui, ce syndrome est classé parmi les troubles liés à l’anxiété avec une forte influence culturelle.

Dans les explications de ce professionnel de santé on peut comprendre pourquoi ce phénomène prend de l’ampleur en ville de Goma et dans ses environs. Il décrit cela par des épidémies psychologiques qui attaquent de groupes entiers de personnes développant la même peur après des rumeurs ou des croyances locales; ce qui est le cas pour la ville de Goma et ses environs.

Jules [Un prénom d’emprunt], un jeune qui avoisine la vingtaine, a voulu créer une panique de ce genre. Dans son témoignage, celui-ci  quittait Kituku abord d’un bus qui se rendait vers le Centre ville. Selon lui, vers le rond-point ULPGL, une femme est montée abord et s’est frottée contre lui en s’asseyant. Subitement Jules a crié que son engin venait de disparaître, exigeant à la femme de le lui remettre.

 « Je pensais que c’était vrai mon p*nis était parti. Je ne le sentais plus. Je n’avais pas d’élastique ni d’épingle sur moi. C’est après que le chauffeur et d’autres hommes aient décidé qu’on descende du bus et qu’on vérifie que j’ai compris que c’était seulement la peur… Je suis désolé d’avoir déshonoré cette femme. » a dit Jules.

Des cas similaires sont fréquents en ville de Goma, créant ainsi des attroupements le long des artères principales avec un risque élevé d’accident de circulation.

Selon le Dr Bienfait Begehya, ce phénomène n’est pas étrange; et d’ailleurs il peut être signalé partout dans le monde et surtout là où le stress est quotidien. Pour lui, la situation que traverse la population dans cette région est le premier facteur causal. Il recommande aux habitants de ne pas accorder du crédit aux rumeurs et, aux personnes convaincues d’avoir perdu leurs organes, de consulter un psychologue pour des conseils, mais de préférence un psychiatre pour une prise en charge.

En rappel, c’est depuis un certain temps que ce phénomène se faisait entendre depuis la province du Maniema. Son arrivée à Goma prouve que c’est déjà une question qui gagne du terrain et, si rien n’est fait, il y a un risque accru que cela coûte des vies aux personnes souvent innocemment accusées de vol de ces organes.

Stoïcien Sky Lwembo

By Équipe