Le Gouvernement congolais durcit le ton face aux tentatives de remise en cause de l’autorité de l’État dans le secteur de l’enseignement supérieur. À travers un communiqué rendu public le 4 juin, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations (MINESURSI ) a condamné le remplacement du comité de gestion de l’Université de Goma intervenu le 29 Mai dernier sous l’impulsion des rebelles de l’AFC/M23.
Pour les autorités, cet acte dépasse le simple cadre administratif. Il constitue une intrusion préoccupante dans un secteur qui, de par sa mission, doit rester à l’écart des rivalités politiques et des conflits armés. Le ministère estime que l’enseignement supérieur ne peut être transformé en terrain d’expression d’intérêts extérieurs au monde académique.
Dans son message, le MINESURSI rappelle que la désignation des responsables universitaires obéit à des procédures légales clairement établies. Par conséquent, toute personne appelée à exercer des fonctions de gestion en dehors de ce cadre ne bénéficie d’aucune reconnaissance officielle de la part de l’État.
Le ministère prévient également que les actes administratifs ou académiques pris par des responsables nommés en marge de la loi seront considérés comme nuls et sans effet. Les personnes impliquées dans cette situation pourraient par ailleurs faire l’objet de mesures disciplinaires conformément aux textes régissant le secteur.
Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est de la République démocratique du Congo, où plusieurs institutions publiques continuent de fonctionner dans un environnement complexe. Pour le Gouvernement, préserver l’indépendance et la stabilité des établissements universitaires constitue un impératif afin d’éviter que les conséquences du conflit ne perturbent davantage la formation des étudiants.
Les responsables des universités ainsi que les organisations syndicales ont été invités à collaborer avec les autorités en signalant tout comportement ou toute initiative susceptible de compromettre la neutralité du sous-secteur de l’enseignement supérieur. Une démarche qui vise, selon le ministère, à protéger l’intégrité des institutions académiques et à garantir le respect des normes en vigueur.
Au-delà des mesures annoncées, Kinshasa entend rassurer les étudiants, les enseignants et l’ensemble de la communauté universitaire. Le Gouvernement affirme poursuivre ses efforts pour assurer la continuité des activités académiques et préserver le droit à l’éducation malgré les difficultés liées à la situation sécuritaire.
En réaffirmant son autorité sur les établissements d’enseignement supérieur du pays, le MINESURSI envoie un message clair : les universités congolaises doivent demeurer des espaces dédiés au savoir, à la recherche et à la formation, loin de toute influence susceptible d’en compromettre la mission.
La Rédaction