À l’Hôpital provincial du Nord-Kivu, chaque visite commence par un geste simple, mais essentiel : le lavage des mains. Dans un contexte où les risques liés aux maladies infectieuses demeurent une préoccupation permanente, cette structure sanitaire a fait de l’hygiène des mains une priorité absolue afin de protéger les patients, les visiteurs ainsi que le personnel soignant.
Dès les premières heures de la journée, les allées de l’hôpital sont animées. Des ambulances arrivent, des patients sont admis pour des consultations ou des hospitalisations, tandis que des centaines de visiteurs viennent prendre des nouvelles de leurs proches. Ce mouvement continu de personnes fait de l’établissement un lieu où la vigilance sanitaire ne peut souffrir d’aucun relâchement.
À l’entrée principale, impossible de manquer le dispositif de lavage des mains. Plusieurs robinets alimentés en eau, du savon et d’autres moyens de désinfection sont mis gratuitement à la disposition de tous. À proximité, des agents sont chargés d’accueillir les visiteurs et de s’assurer que chacun respecte cette étape avant d’accéder aux différents services de l’hôpital.
Cette organisation ne se limite pas au portail principal. À l’intérieur de l’enceinte, dans les couloirs, devant les pavillons et à proximité de différentes unités de soins, des points de lavage des mains sont installés à intervalles réguliers. Certains sont équipés de robinets, d’autres de seaux contenant de l’eau chlorée ou de savon. Une présence imposante qui demontre la volonté de l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu de maintenir un haut niveau de prévention face aux maladies infectieuses, notamment Ebola, mais également d’autres affections transmissibles comme le choléra ou certaines infections nosocomiales.
Pour les responsables de cette structure, le lavage des mains constitue l’un des gestes les plus efficaces pour interrompre la chaîne de transmission des agents pathogènes. Il représente une mesure simple, peu coûteuse et accessible à tous, mais dont l’impact peut être déterminant dans la prévention des épidémies.
Rencontré dans son cabinet de consultation, le Dr Amigo Bakili Haiya, Médecin à l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu, insiste sur l’importance de ce geste quotidien et invite chacun à en faire une habitude, aussi bien à l’hôpital que dans la vie de tous les jours.
« C’est un petit geste qui peut vous sauver. Vous ne perdez rien, vous arrivez, on a mis de l’eau, lavez-vous les mains avec du savon ou bien le gel hydro-alcoolique, c’est aussi pour le bien de votre communauté et votre famille. C’est avec ces mesures de discipline préventive que nous arriverons à éradiquer cette épidémie. » dit le Dr Bakili.
Au sein de l’établissement, cette sensibilisation est accompagnée de mesures concrètes. Malgré la disponibilité permanente des dispositifs de lavage des mains, certains visiteurs tentent encore de franchir les portes sans respecter cette obligation. Une situation à laquelle l’hôpital répond avec fermeté.
La règle est claire : aucune personne n’est autorisée à accéder aux services sans s’être préalablement lavé les mains. Les agents affectés aux différents points d’entrée rappellent systématiquement cette consigne et veillent à son application. Selon plusieurs membres du personnel, cette stratégie porte progressivement ses fruits, la majorité des visiteurs ayant désormais intégré ce réflexe sanitaire.
Au-delà du simple respect d’une consigne hospitalière, cette démarche s’unscrit dans une stratégie globale de prévention. Les autorités sanitaires rappellent régulièrement que le lavage correct des mains figure parmi les interventions les plus efficaces pour réduire la transmission des maladies infectieuses, particulièrement dans les lieux de soins où circulent quotidiennement des personnes vulnérables.
L’expérience développée par l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu pourrait ainsi servir d’exemple à d’autres formations sanitaires de la province. En multipliant les points de lavage des mains et en veillant au respect strict de cette mesure, les établissements de santé peuvent considérablement renforcer leur capacité à prévenir les infections et à protéger les communautés.
Les professionnels de santé soulignent toutefois que cette lutte ne peut être gagnée uniquement dans les hôpitaux. L’adoption du lavage régulier des mains doit devenir un réflexe dans les familles, les écoles, les marchés, les lieux de culte et tous les espaces publics. Associée aux autres mesures de prévention, cette pratique demeure un moyen essentiel pour rompre la chaîne de contamination et limiter la propagation des maladies épidémiques.
Dans une province régulièrement confrontée à des flambées de maladies infectieuses, chaque geste compte. À l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu, le message est sans équivoque : la prévention commence par des mains propres.
Stoïcien Sky Lwembo