La Fondation BiEsther FoBE Asbl en collaboration avec la Synergie des organisations pour les urgences sanitaires, un collectif de 26 organisations humanitaires, ont organisé ce Jeudi 30 Juillet 2026 une séance de renforcement des capacités consacrée aux mesures préventives contre la Maladie à Virus Ebola (MVE). Tenue au bureau de la fondation à Goma, cette activité rentre dans le cadre des actions de Communication des Risques et Engagement Communautaire (CREC) visant à améliorer la préparation et la réponse communautaire face aux urgences sanitaires.

Placée sous le thème « Communication autour des incidences communautaires », cette formation avait pour objectif de doter les acteurs communautaires d’outils pratiques leur permettant de mieux comprendre les préoccupations des populations, de gérer les situations de refus et de réticence, de lutter contre les rumeurs et de renforcer l’adhésion des communautés aux interventions de santé publique.

La session a été animée par Amani Dunia Gloire, expert en Risk Communication and Community Engagement (RCCE), qui a rappelé que la réussite de toute intervention sanitaire repose autant sur la qualité de la communication que sur les mesures médicales elles-mêmes.

Une communication qui va au-delà des mots

Au cours de cette formation, les participants ont approfondi plusieurs notions essentielles liées à la communication communautaire. Les échanges ont notamment ouvert la voie de clarification des concepts d’incidence communautaire, de réticence et de refus, souvent rencontrés lors des interventions sanitaires.

Les participants ont été sensibilisés au fait que la communication ne consiste pas uniquement à transmettre des informations, mais qu’elle repose avant tout sur l’écoute, le dialogue et la compréhension des réalités des communautés.

« Tout communique », a insisté le facilitateur, rappelant que chaque geste, regard, attitude ou silence transmet un message qu’il est indispensable de savoir interpréter pour instaurer un climat de confiance.

Dans cette optique, les acteurs communautaires ont été invités à considérer chaque personne dans toute sa dimension humaine, en tenant compte de ses émotions, de ses croyances, de son vécu, de ses valeurs et de son environnement social avant d’engager tout échange.

Comprendre les refus pour mieux y répondre

L’atelier a également mis un accent particulier sur les facteurs qui peuvent expliquer les refus ou les hésitations des populations face aux interventions de santé publique.

Selon les formateurs, le silence, les expressions du visage, les gestes ou encore les attitudes peuvent traduire la peur, la colère, la frustration, le manque de confiance ou d’autres préoccupations qu’il convient d’identifier avant toute tentative de persuasion.

Les participants ont ainsi appris que la qualité de la relation avec les ménages est souvent plus déterminante que la quantité d’informations transmises.

Pour y parvenir, les échanges ont porté sur trois dimensions complémentaires de la communication : la communication verbale, basée sur le choix des mots, la clarté du message et l’écoute active ; la communication non verbale, qui englobe les gestes, les mimiques, le regard et la posture ; la communication para-verbale, qui concerne le ton de la voix, le rythme, le timbre et les inflexions utilisés lors des échanges.

Selon les organisateurs, la maîtrise de ces différents modes de communication constitue un levier essentiel pour renforcer la confiance entre les équipes de riposte et les communautés.

Des compétences renforcées au service des communautés

À l’issue de la séance, les participants ont retenu qu’une communication efficace repose avant tout sur l’empathie, le respect et l’écoute active. Ils ont également compris qu’il est indispensable d’appréhender le cadre de référence des communautés avant de proposer des solutions, afin de réduire les incompréhensions, les rumeurs et les résistances.

Les organisateurs estiment que ces compétences permettront aux acteurs communautaires d’améliorer leurs interventions sur le terrain et de favoriser une meilleure acceptation des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola.

Stoïcien Sky Lwembo

By Équipe