Clôture électrique

Au cœur du territoire de Nyiragongo, dans la province du Nord-Kivu, la cohabitation entre les agriculteurs riverains et la faune sauvage du Parc national de Virunga se heurte à de lourds défis. Récemment, la société civile locale a lancé un cri dalarme face aux dégâts croissants causés par les animaux sauvages, en particulier les buffles, qui saventurent dans les champs agricoles du secteur de Mikeno, groupement de Kibumba. Ce territoire, vital par sa fertilité et son dynamisme économique, voit chaque saison de récolte sachever sous la menace des incursions animales.

Dans un communiqué, la société civile déplorait l’absence d’une infrastructure fondamentale : la clôture électrique censée circonscrire le territoire agricole et protéger les récoltes.

« Sans cette barrière, l’équilibre est rompu, et les pertes sont lourdes pour nos agriculteurs», insiste la coordination territoriale,

soulignant l’enjeu économique et social majeur pour les populations locales.

Face à ces préoccupations, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), gestionnaire du parc, a répondu à travers son directeur des relations extérieures, Méthode Uhoze, dans un entretien, celui-ci rappelle que la clôture électrique, qui s’étendait sur près de 50 kilomètres dans le secteur de Mikeno, avait été érigée dans le cadre d’un programme ambitieux visant à favoriser une cohabitation harmonieuse.


« Grâce à cette installation, les conflits entre l
homme et la faune ont été nettement réduits pendant plusieurs années», souligne-t-il.

Hélas, poursuit-il, la clôture a été largement endommagée lors des récents affrontements armés dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, laissant libre passage aux animaux sauvages et exacerbant le problème.

L’ICCN exprime ses regrets pour les dommages subis par les agriculteurs et affiche sa détermination à restaurer cette barrière physique,

« en mobilisant nos partenaires et bailleurs pour réunir les ressources indispensables à la réhabilitation ».

En attendant, l’institut met en œuvre plusieurs mesures communautaires pour limiter les impacts immédiats : alerte rapide aux équipes de l’ICCN en cas de passage animal, sessions de sensibilisation à destination des agriculteurs sur les conduites à adopter, et même la création d’équipes communautaires pour dissuader les animaux avant l’intervention des éco-gardes.

Tous appellent ainsi à un dialogue constructif entre les populations locales et l’ICCN, afin de bâtir des solutions pérennes,

« surtout durant les périodes critiques comme la récolte », conclut Méthode Uhoze.

Au-delà du défi environnemental, ce dossier révèle l’impératif de soutenir les activités agricoles dans le groupement de Kibumba, reconnu pour sa fertilité exceptionnelle, son climat propice, et le dynamisme de ses agriculteurs et éleveurs. La société civile plaide pour un engagement renforcé des pouvoirs publics et partenaires afin d’assurer à cette région un avenir prospère et durable.

La Rédaction