Le gouvernement de la République démocratique du Congo renforce sa stratégie de lutte contre la pollution et l’insalubrité. Lors d’un échange avec la presse, la ministre en charge de l’Environnement a annoncé plusieurs mesures destinées à protéger les cours d’eau, préserver les écosystèmes et améliorer durablement l’assainissement de Kinshasa.

Selon elle, les déchets plastiques constituent aujourd’hui l’une de principales menaces pour les rivières congolaises. Transportés par les eaux jusqu’au fleuve Congo, ces déchets provoquent d’importants problèmes, notamment au niveau du complexe hydroélectrique d’Inga.

Pour relever ce défi, le gouvernement compte sur la Task Force présidentielle chargée de l’assainissement de Kinshasa. Les autorités prévoient également une forte implication de la population, estimant que l’assainissement est une responsabilité collective. Les éléments du Service national seront mobilisés pour accompagner les opérations sur le terrain, mais les citoyens seront également appelés à participer activement à la gestion des déchets.

Répondant aux questions relatives à la pollution industrielle, la ministre est revenue sur sa récente mission dans les provinces minières du Haut-Katanga et du Lualaba.

À l’issue de cette tournée, le gouvernement a créé une commission interinstitutionnelle réunissant des experts de la Présidence, de la Primature, du ministère de l’Environnement et du ministère des Mines. Cette structure a pour mission d’élaborer des normes environnementales conformes aux standards internationaux afin de mieux encadrer les activités minières.

La ministre a également salué la contribution d’experts congolais de la diaspora, venus bénévolement mettre leur expertise au service du pays.

Selon elle, un décret fixant ces nouvelles normes sera prochainement adopté par le gouvernement. En attendant l’entrée en vigueur des nouvelles normes, les missions d’inspection se poursuivent sur le terrain.

Grâce à des analyses réalisées avec l’appui des laboratoires spécialisés, plusieurs entreprises minières ont déjà été sanctionnées financièrement pour pollution des cours d’eau.

Les premiers résultats sont préoccupants : selon la ministre, aucune société minière contrôlée ne respecte totalement les normes environnementales actuelles. Une situation qu’elle juge inacceptable et à laquelle le gouvernement entend mettre fin.

La ministre a également insisté sur l’importance des tourbières, considérées comme un patrimoine écologique majeur de la RDC. Elle a rappelé que les tourbières stockent près de quatre fois plus de carbone que les forêts et que la RDC détient environ 75 % des tourbières du bassin du Congo.

Pour le gouvernement, ces écosystèmes représentent une opportunité majeure dans le développement du marché carbone, susceptible de générer d’importantes ressources financières destinées au développement du pays. Des experts travaillent déjà à l’élaboration de stratégies visant à assurer leur protection et leur valorisation.

Interrogée sur le récent échouage d’une baleine sur la côte de Moanda, la ministre a reconnu que cet événement était inédit pour le pays. Elle a indiqué que cette situation avait révélé certaines insuffisances en matière d’équipements spécialisés, tout en soulignant qu’il était difficile d’anticiper un phénomène encore jamais observé à cette échelle.

Le gouvernement prévoit désormais de renforcer les capacités de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) ainsi que celles des services compétents du ministère de la Pêche afin de mieux gérer ce type d’incidents. Des équipements spécifiques devraient être acquis pour permettre, lorsque cela sera possible, de remettre les baleines échouées à l’eau et d’assurer une meilleure protection de la biodiversité marine.

À travers ces différentes annonces, le gouvernement affiche sa volonté de renforcer la gouvernance environnementale en RDC. Entre lutte contre les déchets plastiques, contrôle accru des activités minières, protection des tourbières et préservation de la biodiversité, les autorités entendent faire de la protection de l’environnement un levier du développement durable et du bien-être des populations.

La Rédaction

By Équipe