La rentrée scolaire 2025-2026 dans l’est de la République démocratique du Congo a été un rendez-vous manqué pour des milliers d’élèves. Initialement prévue pour ce lundi 1èr septembre, elle n’a pas pu avoir lieu dans plusieurs écoles des provinces du Nord et du Sud-Kivu suite aux combats toujours en cours entre le groupe armé de l’AFC/M23 et l’armée congolaise, appuyée par les milices Wazalendo.

Cette situation, qui bloque l’avenir de toute une génération, persiste malgré l’engagement d’un cessez-le-feu entre les deux parties. L’espoir d’une reprise imminente s’amenuise, comme en témoigne la réalité sur le terrain.

Au Nord-Kivu, les salles de classe sont restées désertes et silencieuses dans les zones de Masisi et de Walikale. Kaurwa Hilaire, directeur de l’école primaire de Showa dans le Masisi, décrit un tableau de désolation : « La rentrée chez nous à Showa, on n’en a pas idée. Jusqu’à 85 % de la population est déplacée à Masisi, on ne va pas oser ouvrir les portes là-bas puisqu’il y a encore de l’insécurité. » De nombreuses familles, fuyant les violences, se sont réfugiées dans des zones jugées plus sûres, laissant derrière elles leurs maisons et les écoles de leurs enfants. L’incertitude règne, et l’ouverture des portes des écoles déplacées reste en attente d’autorisations officielles, selon la Rfi. Ce weekend à quelques kilomètres de Masisi centre les miliciens Wazalendo cher au général autoproclamé janvier KALAHIRO ont récupéré quelques villages aux maisons du M23 après des intenses affrontements qui ont duré plusieurs heures.

Le Sud-Kivu n’est pas épargné. Le secteur d’Itombwe, dans le territoire de Mwenga et dans le haut plateau, sont également touché. Là encore, des milliers d’élèves sont privés de leur droit à l’éducation en raison des récents affrontements. Elewano Ishimwindulwa Zidane, un responsable administratif local, lance un appel urgent au gouvernement congolais pour qu’il agisse en faveur des enfants : « Les écoles qui sont touchées par le combat sont nombreuses. Et dans toutes ces écoles-là, qu’elles soient primaires ou secondaires, aucune d’elles ne compte en dessous de 300 élèves. Essayez de multiplier par le nombre d’environ 80 écoles qui n’ont pas ouvert. »

Ces chiffres prouvent  l’ampleur du désastre éducatif à l’est de la Rdc. Alors que sur l’ensemble du territoire congolais, plus de 29 millions d’élèves devaient reprendre le chemin de l’école au début de cette année scolaire, l’est du pays est confronté à une réalité autre. »L’éducation, pilier de l’avenir, est tenue en otage par l’insécurité, et le sort de milliers d’enfants innocents est suspendu aux négociations et aux évolutions du conflit » poursuit un acteur de la société civile de la place.

Notons que l’UNESCO, via des actions comme le renforcement de la formation des enseignants et l’engagement avec les partenaires internationaux, travaille à garantir l’accès à l’éducation dans ces zones de crise, en soutenant des solutions innovantes comme la radio éducative et la mobilisation des communautés. 

 

The Joy MWENGE 

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