À l’occasion de la semaine de l’allaitement maternel, le Programme national de nutrition PRONANUT en sigle appelle les mères, les familles, les professionnels de santé et les médias à renforcer la promotion de l’allaitement maternel, considéré comme un élément essentiel pour la croissance et la protection de l’enfant dès sa naissance.
Devant la presse ce jeudi 27 août 2026 à Goma, Nyandwi Pascal, coordonnateur du PRONANUT, a insisté sur plusieurs pratiques recommandées pour garantir un allaitement efficace et bénéfique au nourrisson.

Parmi les recommandations prioritaires figure le contact peau contre peau immédiatement après la naissance entre la mère et l’enfant, ainsi que la mise au sein dans la première heure qui suit l’accouchement.


« Le nouveau-né doit être placé peau contre peau avec sa mère immédiatement après la naissance et l’allaitement doit commencer dans la première heure. C’est un moment important pour la santé et le développement de l’enfant », a expliqué Nyandwi Pascal, coordonnateur du PRONANUT.

Le PRONANUT recommande également l’allaitement maternel exclusif de la naissance jusqu’à l’âge de six mois. Durant cette période, le nourrisson ne devrait recevoir ni eau, ni autres aliments ou liquides, sauf indication médicale spécifique.
« De zéro à six mois, l’enfant doit être allaité exclusivement. Il n’a pas besoin qu’on lui donne de l’eau ou d’autres aliments lorsque l’allaitement maternel est possible et correctement conduit », a précisé le coordonnateur.
Allaiter à la demande, jour et nuit
Les spécialistes recommandent également aux mères d’allaiter fréquemment, de jour comme de nuit, et surtout à la demande du bébé. La mère doit laisser l’enfant téter un sein jusqu’à ce qu’il le lâche avant de lui proposer l’autre, afin qu’il puisse bénéficier des différentes composantes du lait.
Une bonne position de la mère et une bonne prise du sein par le nourrisson sont également importantes pour faciliter la tétée et éviter certaines difficultés.

L’allaitement est recommandé jusqu’à deux ans ou plus, parallèlement à l’introduction d’aliments complémentaires adaptés à partir de six mois.
« L’allaitement ne s’arrête pas à six mois. Après l’introduction des aliments complémentaires, la mère doit continuer à allaiter son enfant jusqu’à deux ans ou même au-delà », a indiqué Nyandwi Pascal.
Et pendant une épidémie d’Ebola ?
La question de l’allaitement devient particulièrement sensible lorsqu’une mère est malade, notamment en période d’épidémie de maladie à virus Ebola.
Il est important de rappeler que les recommandations générales d’allaitement en cas de maladie de la mère ne doivent pas être appliquées automatiquement lorsqu’il s’agit d’Ebola. Lorsqu’une mère est suspectée ou confirmée infectée par le virus Ebola, l’allaitement doit être suspendu conformément aux recommandations des autorités sanitaires et de l’OMS, car le virus peut être présent dans le lait maternel.

L’enfant doit alors être pris en charge comme un contact et recevoir une alimentation de remplacement adaptée sous supervision des professionnels de santé.
La mère ne doit surtout pas décider seule de reprendre l’allaitement après sa guérison. Selon les recommandations de l’OMS, la reprise peut être envisagée après deux tests PCR négatifs du lait maternel réalisés à au moins 24 heures d’intervalle. Il ne s’agit donc pas d’une interruption fixée simplement à quelques jours : la durée dépend de la situation médicale et des résultats des examens.
« Lorsqu’il y a une suspicion ou une confirmation d’Ebola chez une mère allaitante, la conduite à tenir doit être encadrée par les professionnels de santé. Il ne faut pas prendre seul la décision d’arrêter ou de reprendre l’allaitement », a rappelé Nyandwi Pascal.
Quel rôle pour les journalistes ?
À Goma, le PRONANUT appelle également les journalistes à jouer leur rôle dans la sensibilisation de la population. En période d’épidémie, les médias constituent un canal essentiel pour lutter contre les rumeurs et diffuser des informations fiables sur la santé de la mère et de l’enfant.

Le journaliste doit notamment expliquer les avantages de l’allaitement, rappeler les bonnes pratiques, orienter les familles vers les services de santé et éviter les informations susceptibles de provoquer la peur ou la stigmatisation.
« Le journaliste a une grande responsabilité. Il doit donner une information correcte, vérifiée auprès des sources sanitaires compétentes, parce qu’une mauvaise information sur l’allaitement peut avoir des conséquences sur la santé de l’enfant », a souligné le coordonnateur du PRONANUT.
Pas de publicité pour les substituts du lait maternel
Le rôle du journaliste ne doit toutefois pas se transformer en promotion commerciale des préparations pour nourrissons. En République démocratique du Congo, la commercialisation et la promotion des substituts du lait maternel sont encadrées par le Code congolais de commercialisation des substituts du lait maternel, adopté en 2006.
Ce cadre vise à protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel et encadre notamment la publicité et la promotion des substituts du lait maternel, des biberons et des tétines. Le journaliste doit donc éviter de faire la promotion d’une marque de lait infantile, de présenter un produit comme supérieur au lait maternel ou d’utiliser son émission ou son reportage comme espace publicitaire.
« Le journaliste doit informer, mais il ne doit pas utiliser son travail pour faire la publicité des substituts du lait maternel. Nous devons protéger l’allaitement et donner à la population une information objective », a déclaré Nyandwi Pascal.
Le Code congolais de commercialisation des substituts du lait maternel constitue ainsi une référence importante pour les médias lorsqu’ils traitent de la nutrition du nourrisson.
Les pratiques essentielles à retenir
 Parmi les pratiques recommandées par le PRONANUT, les plus importantes à rappeler aux familles sont notamment :
placer le nouveau-né peau contre peau avec sa mère immédiatement après la naissance ; commencer l’allaitement dans la première heure après l’accouchement ;
pratiquer l’allaitement maternel exclusif de 0 à 6 mois ; allaiter fréquemment, jour et nuit, à la demande du bébé ;
veiller à une bonne position et une bonne prise du sein ; poursuivre l’allaitement jusqu’à deux ans ou plus, en complément d’une alimentation adaptée après six mois ; éviter les biberons lorsque cela est possible, notamment pour préserver une bonne pratique de l’allaitement.
Le PRONANUT recommande également à la mère de manger suffisamment selon sa faim et de boire selon sa soif.
À travers ces messages, la campagne de sensibilisation rappelle que l’allaitement maternel ne relève pas uniquement de la responsabilité de la mère. La famille, les agents de santé, les autorités et les médias ont tous un rôle à jouer pour créer un environnement favorable à l’allaitement et protéger la santé du nourrisson.

Notons que promouvoir l’allaitement maternel, c’est investir dans la santé de l’enfant et dans l’avenir de notre communauté , a conclu Nyandwi Pascal.

 

Rédaction