Chaque 1er octobre, le monde entier célèbre la Journée internationale des personnes âgées, une occasion de rappeler l’importance du respect, de la protection et de l’inclusion des aînés dans nos sociétés. Cette année, la commémoration intervient dans un contexte de crise économique et sociale qui accentue les défis déjà existants pour cette catégorie vulnérable de la population en République démocratique du Congo.

Dans le territoire de Nyiragongo au Nord-kivu, l’urgence de la situation des aînés est criante. Le centre médical Uhakika, basé à Bugamba 2, attire l’attention sur les difficultés majeures auxquelles sont confrontées les personnes âgées vivant dans cette partie de la province.
Selon Paluku Habamungu Filbert, président du comité de pilotage du programme Vieillesse digne, les aînés sont confrontés à un véritable parcours d’obstacles notamment : l’accès limité aux soins de santé, solitude pesante, manque de moyens pour une alimentation équilibrée et, un défi souvent négligé, le manque de vêtements.

« Les aînés sont souvent oubliés, alors qu’ils représentent la mémoire et la sagesse de nos communautés. Nous plaidons pour que leur prise en charge soit une priorité des politiques publiques, » a déclaré M. Paluku Habamungu Filbert.
Les bénéficiaires du programme témoignent de réalités quotidiennes parfois très dures. À 78 ans, Papa Ezéchiel résume son quotidien avec une simplicité désarmante : « Nous manquons souvent de nourriture, de soins et même de vêtements. Vieillir dans ces conditions est très difficile. »

Pour Maman Justine, 72 ans, la solitude s’ajoute aux épreuves matérielles : « Nos enfants sont partis chercher du travail loin, nous restons seuls. Ce dont nous avons besoin, c’est d’attention, d’amour et d’un minimum de sécurité. » L’isolement affectif est aussi douloureux que la précarité financière.
L’accès aux soins de santé reste une préoccupation majeure. Papa André, 80 ans, insiste sur ce point : « Quand nous tombons malades, il n’y a souvent pas d’argent pour payer les médicaments. Nous voulons seulement avoir accès aux soins sans que cela soit un fardeau. »
Ces témoignages traduisent l’urgence d’une action collective et d’un engagement renouvelé envers les aînés. La Journée internationale des personnes âgées rappelle que vieillir est un privilège, mais qu’il doit s’accompagner de droits respectés : des soins accessibles, une pension équitable et une intégration pleine et entière dans la vie sociale et familiale.
PALUKU HABAMUNGU appelle ainsi les autorités à renforcer les politiques en faveur des aînés et à soutenir les initiatives qui œuvrent pour leur bien-être, afin que la dignité ne soit pas un luxe, mais un droit fondamental pour tous.
The joy MWENGE