Réunis à Kinshasa le samedi 11 avril 2026 dans une ambiance à la fois solennelle et fraternelle, les membres de lUnion pour le Développement de la Zone (actuellement du territoire) de Kabare (UDEZOKA) ont tourné une nouvelle page de leur organisation avec lélection dun nouveau comité dirigeant. Au-delà de ce rendez-vous électoral, la rencontre a surtout été marquée par une communication dense et structurée, traduisant les attentes profondes de la communauté kabaroise envers ses nouveaux représentants.

Dans un message de Monsieur Jules Ziringabo Ndahambara adressé aux élus et aux candidats, ce notable, intellectuel et membre de l’UDEZOKA a tenu à féliciter les nouveaux dirigeants pour la confiance placée en eux, tout en rappelant la lourde responsabilité qui accompagne leur mandat. « Le regard de tout un territoire est désormais tourné vers vous », a-t-il martelé, insistant sur le rôle stratégique que doit jouer l’UDEZOKA dans la promotion des intérêts de Kabare, tant à Kinshasa qu’au Sud-Kivu.

Me Elodie MUZIGIRWA, élue

D’entrée de jeu, MrJules Ziringabo Ndahambara a tenu à replacer Kabare dans son contexte historique et sociologique. Il a rappelé que le territoire de Kabare est constitué de deux chefferies dont Kabare et Nindja. Il est également présenté comme le berceau de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu .

Dans cette perspective, Jules Ziringabo Ndahambara a insisté sur la nécessité de préserver et de promouvoir les valeurs culturelles du Bushi, notamment à travers la réhabilitation de la langue Mashi, considérée comme un vecteur d’unité et d’identité.

« Ressusciter notre langue dans nos familles, même à Kinshasa, c’est préserver notre héritage et renforcer notre cohésion », a souligné Monsieur Jules Ndahambara dans sa note.

Assemblée élective

Au-delà de l’ancrage culturel, le message adressé au nouveau comité de l’UDEZOKA est orienté vers le développement. Un constat sans complaisance de la dégradation des infrastructures de base dans le territoire de Kabare est dressé d’où Mr Jules appelle à une mobilisation urgente pour leur réhabilitation.

En s’adressant au nouveau comité, celui-ci a interpellé l’Etat Congolais sur  la prise en charge de la reconstruction, la réhabilitation et la modernisation de toutes ces infrastructures qui, selon lui, sont principalement victime des guerres à répétition et de l’instabilité politique de l’Etat, chose qui a fait fuir les coopérations bilatérales et investisseurs étrangers qui maintenaient ces entreprises en bonne santé jusqu’aux années 1990.

Parmi les priorités majeures qu’il a mentionnées figure le secteur de la santé. L’Hôpital Général de Référence de Katana, plus connu sous le nom de FOMULAC, a été cité comme un symbole fort du patrimoine médical de la région. Un appel est ainsi le lancé au nouveau comité pour plaider auprès des autorités nationales pour une reprise en main effective de cette infrastructure par l’État congolais. Mr Jules a martelé sur l’historique de la construction de la FOMULAC KATANA, montrant alors que c’est une infrastructure de l’Etat méritant les mêmes avantages que l’hôpital Mama Yemo de Kinshasa qui venait d’être réhabiliter jusqu’à bénéficier de nouveaux bâtiments très luxueux.

Dans le même registre, l’hôpital de Mukongola a également été évoqué comme une structure nécessitant une attention particulière, dans une logique de redynamisation globale du système de santé local.

La communication de Jules Ziringabo Ndahambara a également mis un accent particulier sur la nécessité de relancer les activités scientifiques et agricoles dans le territoire. Le Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro, autrefois fleuron de la recherche en Afrique centrale, a été cité comme un exemple frappant de déclin institutionnel. Celui-ci a plaidé pour la réhabilitation de ses infrastructures, notamment sa bibliothèque, ses laboratoires et son hôpital pédiatrique, ainsi que pour la sécurisation de son personnel.

Dans le domaine agricole, la relance de l’INERA Mulungu et du centre agronomique de Mushweshwe a été présentée comme une condition essentielle pour stimuler la production locale et lutter contre l’insécurité alimentaire. Un accent particulier est mis sur la réactivation des projets structurants tels que la laiterie du Bushi pour le développement de l’élevage dans la région.

Assemblée élective

Sur le plan des infrastructures, plusieurs projets jugés stratégiques ont été mis en avant. Il s’agit notamment de la réhabilitation de la cimenterie de Katana (CIMENKI), la modernisation de l’aéroport de Kavumu ainsi que l’asphaltage de la route Bukavu–Goma.

La question de la relance de l’usine de carrelage de Birava a également été évoquée, avec un appel à une décision politique claire quant à sa réhabilitation ou sa reconversion.

Mr Jules a aussi abordé la question de la cohabitation entre les populations locales et le Parc national de Kahuzi-Biega. Reconnaissant l’importance écologique de cette aire protégée, il a plaidé pour une meilleure prise en compte des besoins des communautés riveraines, appelant à la relance de projets sociaux initiés dans les années 1990 en matière d’accès à l’eau potable, de construction d’écoles et de centres de santé; projets interrompus par les conflits armés.

Enfin, ce membre de la «communauté kabaroise » insiste sur le rôle politique que doit jouer le nouveau comité de l’UDEZOKA. Selon lui, il attend de ses dirigeants un plaidoyer actif et structuré auprès des institutions nationales, afin que les préoccupations du territoire de Kabare soient inscrites parmi les priorités de l’État. 

Pour lui, « Il est temps de faire ce que nos représentants n’ont pas toujours réussi à faire».
Stoïcien Sky Lwembo

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