Le Club RFI Goma vient de procéder à la clôture de la première phase du projet «Youth Leading the way for Peace in North Kivu » et directement au lancement de la deuxième phase ce 23 Avril 2026. À l’occasion de cette cérémonie, 75 jeunes qui ont suivi plusieurs sessions de formations sur le peacebuilding pendant environ 1 an, ont été couronnés et lancés sur terrain pour poursuivre ce qu’ils ont commencé depuis un moment.

Lancé en Mars 2025, ce projet a accompagné 75 jeunes et a connu des résultats tangibles à la hauteur des attentes des initiateurs.

Me Bashwira Zacharie, Coordonnateur des projets au sein du Club RFI Goma est revenu sur certaines de ses réalisations. Content des résultats atteints à ce stade, celui-ci était fier de les énumérer devant tous les participants, jeunes désormais véritables « peacemakers » et partenaires venus pour l’occasion.

« Nous sommes satisfaits parce que nous avons pu atteindre nos résultats. Nous avons commencé avec 100 Jeunes provenant des quartiers Ndosho, Mugunga, Kyeshero et Majengo pour la ville de Goma et des villages Ngangi et Turunga pour le territoire de Nyiragongo. À la fin de ces séances de formation nous avons retenu 75 jeunes dont 35 femmes et 40 hommes en respectant tous les critères d’inclusion. Nous avons formés 6 Clubs de paix avec ces jeunes en fonction de leurs provenances. » à indiqué Me Zacharie, tout sourire.

Me Bashwira Zacharie, Coordonnateur des projets Club RFI Goma

Sans se limite par là, celui-ci a enchaîné avec toutes les autres réalisations.

« Nous avons effectué des émissions radio dans lesquelles nous avons sensibilisé plusieurs personnes sur les thématiques développées. Nous sommes satisfaits des résultats parce que ces jeunes formés sont aussi allés faire des activités communautaires comme le Salongo, restituer la matière apprise auprès de 180 personnes en raison de 30 jeunes par club de paix. En plus de cet accompagnement, Nous avons procédé à la formation de 30 autorités locales ciblées sur base des quartiers et villages de provenance de ces jeunes pour faciliter leur acceptation au sein de la communauté. Nous avons aussi formé 40 journalistes sur des thématiques liées à la paix, la cohésion sociale et la résolution des conflits. » a-t-il insisté.

Ce même sentiment est partagé par Bora Nyamofi Nathanaël, le Chargé des programmes au sein du Club RFI Goma. Pour lui, les réalisations permettent de parier sur un meilleur avenir cette jeunesse.

« Nous sommes très contents de constater que les jeunes qui auparavant ne savaient pas comment restituer, sont désormais capable de le faire. Grâce à ce projet, nous avons remarqué que les jeunes qui étaient souvent caractérisés par la vengeance et la violence pour trouver solution aux problèmes comprennent aujourd’hui qu’il faut être tolérant et procéder par la résolution pacifique des conflits, ne plus tomber dans les bavures. Ces jeunes ont désormais ce rôle d’être dans la sensibilisation et la médiation et, avec le niveau qu’ils ont atteint, il n’y a aucun doute qu’ils y arriveront; ils ont posé les bases, ils avanceront sur cette voie » a-t-il dit.

Parmi les jeunes ayant suivi cette série des formations, plusieurs ont partagé leurs expériences personnelles d’avant et après formations. Le point commun pour tous est la transformation profonde dont ils sont individuellement et collectivement témoins.

Mahoro Gashirabake Florence, Peacemaker

Mahoro Gashirabake Florence, est l’une d’eux. Celle-ci, jeune peacemaker du quartier Mugunga s’est livrée à nous sans filtre. Selon ses dires, avant d’intégrer ce programme, la paix était une question des autres. Elle ne savait pas ce qu’elle ferait à son niveau pour contribuer à la construction et à la consolidation de la paix. Mais, grâce à cet accompagnement intensif, elle a changé sa façon de réfléchir, de voir les choses et d’agir.

« Avant de suivre ces formations, j’étais incapable d’intervenir, ne serait-ce que dans des activités communautaires de développement. Grâce au Club RFi, je sais déjà influencer positivement et devenir un acteur du changement dans la communauté. Avant j’étais convaincue que les conflits devraient être résolus par la violence. Aujourd’hui je sais ce n’est pas la meilleure voie à suivre… actuellement je suis à la base du changement d’autres jeunes qui me prennent déjà comme un modèle. Ce n’est pas toujours facile à faire mais je m’y mets à fond pour influencer les autres. » dit Madame Florence.

Agrémention de la cérémonie par un groupe de danse culturelle.

Des témoignages comme celui-ci, qui sont nombreux, ont amené à l’extension du projet et, aboutissant alors à la conception de la deuxième phase qui a été lancé pour la même occasion avec certaines innovations.

Selon Bora Nyamofi Nathanael, aux jeunes peacemakers déjà investis s’ajouteront 45 autres des groupement Munigi et Kibati qui suivront le même cursus que le premier groupe qui, à son tour agira avec un peu plus d’autonomie sur terrain en plus des formations sur de nouvelles thématiques introduites pour cette phase.

Parmi les grandes innovations figureront des micro projets de consolidation de la paix, un soutien psychosocial, un système d’alerte précoce des violences basées sur le genre et des exploitations et abus sexuels mais aussi un système de mentorat des peacemakers.

Bora Nyamofi Nathanaël, chargé des programmes Club RFI Goma

« Les jeunes auront des pépinière, des jardins de paix, des arbres qui symbolise la paix,  nous avons mis en place une approche psychosocial, cet approche permettra que les acteurs de paix soient accompagnés pour une prise en charge de leur santé mentale, afin qu’ils apportent la paix et qu’il soit utile à leur communauté parce que les jeunes émotionnellement instables auront du mal  à parler de paix. Nous allons mettre en place des système d’alerte précoce. Les jeunes qui sont dans la communauté quand ils connaissent des cas des violences basées sur le genre ou d’exploitations et abus sexuels que les partenaires et organisation humanitaire pourraient commettre, ils vont alerter et nous nous allons gérer. Mais aussi nous voulons que les acteurs de paix soient nombreux, voilà pourquoi pour chaque jeune nous voulons qu’il mentore 2 à 3 autres jeunes et les amène à comprendre réellement cette approche pacifiste. » a précisé Nathanael.

Une interpellation a été faites aux jeunes peacemakers lors du panel organisé ce même jour. Ces derniers sont désormais rappelés à l’intériorisation et l’incarnation des piliers de la Résolution 2250 du conseil de sécurité des nations unies.

En rappel, le « Projet Youth leading the way for Peace in North Kivu » bénéficie d’un accompagnement financier du programme allemand ZiviK [Ndrl : Zivile Konfliktbearbeitung] de l’organisation IFA [Ndrl : Institut für Auslandsbeziehungen].

Stoïcien Sky Lwembo

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