Le Collectif des associations féminines pour le développement (CAFED) a organisé, ce 22 avril 2026, une conférence axée sur les soins de soi et l’amour de soi, autour du thème : « Se choisir pour mieux servir ». L’activité a réuni un public diversifié composé d’organisations humanitaires, de professionnels de santé, de journalistes, de responsables religieux, d’enseignants ainsi que d’élèves.
Dans sa prise de parole, Madame Isabelle Pendeza, présidente du Conseil d’Administration du CAFED, a introduit la notion de self love (amour de soi), en insistant sur sa juste compréhension au sein de la communauté.

« J’ai essaye de partager certaines expériences en rapport avec l’amour de soi qui ne signifie pas être égoïste. C’est souvent mal interprété dans la communauté parce qu’on a appris que quand on s’aime beaucoup on est égoïste. Et pourtant, ce n’est pas ça. L’amour de soi c’est se faire du bien, se faire plaisir, s’apprécier et s’aimer avec ses qualités mais aussi avec ses faiblesses. »

Elle a également expliqué la pertinence de réunir des acteurs engagés auprès des communautés :
« Nous avons réuni ces gens parce nous devrions faire en sorte que les gens qui travaillent aux côtés des communautés puissent comprendre d’abord qu’elles sont les personnes les plus importantes pour elles-mêmes. »
Selon elle, il est difficile d’aimer les autres ou de vivre en harmonie avec son entourage si cet équilibre ne commence pas par soi-même.

La question du self-care (soin de soi) a été approfondie par le psychologue Jacques Kambale, qui a alerté sur les conséquences de la négligence personnelle dans les métiers d’aide.
« lorsqu’on travaille pour aider les autres sans prendre soin de soi, on est épuisé et on peut avoir d’autres maladies qui peuvent être très coûteuses et cela peut sacrifier même la mission que chaque personne de donne. »

Il a invité les participants à être attentifs aux signaux d’alerte tels que la fatigue, l’insomnie ou encore le manque de concentration, autant d’indicateurs d’un déséquilibre nécessitant une prise en charge.

Les échanges ont également été enrichis par des témoignages de participants. Nelly Kyeya, coordonnatrice de Congolese Family for Joy, a partagé son expérience personnelle en matière de bien-être. Pour elle, prendre soin de soi commence par une communication intérieure sincère et la découverte de ses propres besoins. Elle a confié que son équilibre passe notamment par le voyage, le contact avec la nature et la massothérapie.

De son côté, Viviane Chaupanga, représentante de la Fondation BiEsther, a salué les enseignements tirés de cette rencontre. Elle a retenu l’importance d’identifier les sources de stress et de se prioriser, sans pour autant s’épuiser à vouloir répondre à toutes les attentes. Selon elle, l’utilité sociale dépend de la capacité à préserver ses propres ressources : il est essentiel de maintenir un équilibre personnel pour continuer à apporter aux autres.

La réflexion s’est également étendue au domaine médical. Le docteur Kamango Salomon a évoqué les exigences de la profession, souvent centrée sur le patient au point d’encourager l’oubli de soi. Toutefois, il a rappelé la nécessité de rétablir un équilibre :
« C’est un médecin bien portant qui saura prendre bien soin de ses patients.» Une manière de souligner que la qualité des soins dépend aussi du bien-être du soignant.

Uwase Didiane, représentante de l’organisation APC [Ndrl: Agri-Peace and Child], a insisté sur l’urgence de cette prise de conscience collective.
«La thématique est vraiment importante pour nous tous. Nombreux parmi nous meurent à petit feu pour perfectionner les tâches pour les autres tout en s’oubliant, ignorant que pour que la roue tourne il faut qu’ils soient d’abord en bonne santé mentale et physique. Il est clair que nous ne pouvons pas donner aux autres ce que nous n’avons pas. Voilà pourquoi nous devons d’abord avoir un regard sur nous en premier lieu. » a-t-elle insisté
On note que pour le CAFED, cette conférence se veut de promouvoir une approche équilibrée de l’engagement social, où le bien-être individuel constitue la fondation d’un service durable et efficace au sein des communautés.
Stoïcien Sky Lwembo