La question de la localisation de l’aide humanitaire s’est retrouvée au cœur des échanges organisés à Goma à l’occasion de la clôture du Mois de l’aide humanitaire. La Fondation BiEsther FoBE Asbl a participé, ce 28 Août, à cette activité qui a rassemblé près de 180 organisations et acteurs humanitaires au Centre d’accueil Caritas de Goma, autour des enjeux liés à l’efficacité de la réponse humanitaire et au renforcement du rôle des organisations locales.
Cette rencontre a réuni plusieurs organisations, plateformes et structures engagées dans l’action humanitaire, parmi lesquelles l’Union des organisations féminines humanitaires (UOFH), la CONAFORD, HUB START NETWORK, le Laboratoire de localisation RDC ainsi que le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). La diversité des participants a permis de créer un cadre d’échanges entre différents acteurs intervenant dans un contexte humanitaire marqué par des besoins importants et la nécessité d’une réponse mieux coordonnée.

La localisation de l’aide au centre des discussions
Au cours de cette rencontre, les participants ont particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la localisation de l’aide humanitaire, un processus visant notamment à accroître la participation, le leadership et les capacités des organisations nationales et locales dans la réponse aux crises.
À Goma comme dans plusieurs zones du Nord-Kivu, les organisations locales sont souvent au plus près des communautés affectées et disposent d’une connaissance approfondie des réalités socioculturelles et des besoins des populations. Pourtant, leur implication dans certains mécanismes de décision, de financement et de coordination reste confrontée à plusieurs défis.
Les échanges ont ainsi permis de réfléchir aux moyens de renforcer la place des organisations locales dans les différentes étapes de l’action humanitaire, depuis l’identification des besoins jusqu’à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des projets. Pour les participants, une réponse humanitaire efficace ne peut être pleinement durable sans une implication significative des acteurs qui travaillent quotidiennement au sein des communautés.
Renforcer la collaboration entre acteurs Au-delà de la localisation, la rencontre a également mis l’accent sur la collaboration entre les différents acteurs humanitaires. Les participants ont souligné la nécessité d’une meilleure communication, de la mutualisation des expériences et du renforcement des mécanismes de coordination entre organisations internationales, nationales, locales et communautaires.

Cette collaboration apparaît comme un élément essentiel pour éviter la duplication des interventions, améliorer la complémentarité entre les différents projets et permettre une utilisation plus efficace des ressources disponibles. Elle doit également favoriser une meilleure prise en compte des réalités spécifiques des communautés bénéficiaires.
Les discussions ont notamment encouragé les organisations à développer davantage de synergies et à partager leurs connaissances et expériences. Dans cette dynamique, les participants ont estimé que les grandes organisations humanitaires ont également un rôle important à jouer dans l’accompagnement des structures locales.
Un appel au coaching des petites organisations
L’un des messages forts ressortis des échanges concerne justement la nécessité pour les grandes organisations de coacher et d’accompagner les petites organisations locales.

Cet accompagnement pourrait notamment passer par le renforcement des capacités, le mentorat, le partage d’expertise, l’appui technique, l’accompagnement dans la gestion des projets et le transfert de compétences. Une telle approche permettrait aux petites organisations de consolider leurs structures, d’améliorer leurs pratiques et de participer plus efficacement aux mécanismes de réponse humanitaire.
Pour plusieurs participants, il ne s’agit pas simplement de considérer les organisations locales comme des partenaires d’exécution, mais de leur permettre de devenir de véritables acteurs de décision et de conception des réponses humanitaires. Le renforcement de leurs capacités apparaît dès lors comme une condition importante pour faire progresser concrètement la localisation de l’aide.
La Fondation BiEsther, un appui logistique à l’activité
Dans le cadre de cette initiative, la Fondation BiEsther FoBE Asbl a joué un rôle logistique dans l’organisation de la rencontre. Son implication a contribué à faciliter la tenue de cette activité qui a permis de réunir un nombre important d’organisations et de représentants du secteur humanitaire.

Pour la Fondation, cette participation s’inscrit dans une démarche visant à soutenir les initiatives qui favorisent le dialogue, la coordination et le renforcement des organisations locales. L’appui apporté à cette activité témoigne également de la volonté de FoBE Asbl de contribuer, à son niveau, à la construction d’un environnement humanitaire plus collaboratif.
La mobilisation d’environ 180 organisations au Centre d’accueil Caritas constitue par ailleurs l’un des faits marquants de cette clôture. Cette forte participation traduit l’intérêt des acteurs humanitaires pour les questions liées à la localisation, à la collaboration et au renforcement des capacités des organisations locales.
Vers une action humanitaire davantage portée par les acteurs locaux
La clôture du Mois de l’aide humanitaire à Goma a ainsi servi de cadre pour rappeler que la réponse aux crises ne repose pas uniquement sur la mobilisation des ressources, mais également sur la capacité des différents acteurs à travailler ensemble et à valoriser les compétences disponibles au niveau local.
La Rédaction